Tunisie – Le ministre du Transport semble vouloir la peau du transporteur aérien national

Anouar Maârouf, en charge du département du Transport, vient d’affirmer qu’il ne soutiendra pas financièrement la compagnie aérienne nationale Tunisiar, pour l’aider à dépasser la crise Covid-19.

Le soutien sollicité par la compagnie ne dépasse pas 100 millions de dinars (32 millions d’euros) et correspond au besoin en fonds de roulement nécessaire au redémarrage après la crise.

Evidemment, le montant est dérisoire par rapport au courant d’affaires réalisé par la compagnie malgré ses difficultés structurelles, à l’instar de plusieurs compagnies aériennes au monde, mais il est certain que Maârouf – qui n’a jamais présenté un plan pour restructurer le secteur du transport – a fait sa déclaration pour passer un message dans un contexte qui n’a rien à voir avec l’activité de Tunisair.

Nous avançons cette explication du fait qu’il est normalement au courant que la plupart des entreprises aériennes subissent des répercussions néfastes dues à la pandémie et que plusieurs gouvernements soutiennent leurs compagnies aériennes nationales.

Il s’agit, en fait, d’un réflexe national qui tend à protéger l’opérateur historique de chaque pays. L’Italie, par exemple, s’est engagée à nationaliser Alitalia. Air France peut compter sur un prêt de 7 milliards d’euros (22.2 milliards de dinars) et ce, dans le cadre d’un plan de redressement global de la compagnie, initié par le gouvernement.

Rappelons que l’association des compagnies aériennes africaines  (AFRAA) vient d’amorcer la préparation des grandes lignes d’un plan pour la relance de l’industrie aérienne sur le continent.

Selon l’association, pour que les économies africaines se redressent, un secteur aérien dynamique s’avère crucial au regard du rôle important qu’il joue en matière de développement économique et social.

Le plan en question repose sur plusieurs axes de redressement tels que  le repositionnement de la flotte et du réseau, la restructuration du financement et de trésorerie et l’adoption des nouvelles tendances en matière de carburant et des mesures d’efficacité énergétique.

Il est à souligner que depuis le début de la crise, les gouvernements n’ont cessé de prendre diverses mesures afin de trouver des solutions pratiques pour assurer la résilience du secteur du transport aérien face à la pandémie et pour entreprendre les efforts de rétablissement après la crise.

La déclaration de Maârouf est complètement hors cette sphère de restructuration et rappelle une autre déclaration qu’il a faite dernièrement au sujet des précautions à prendre dans les moyens de transport publics.

Il a indiqué que si les citoyens se trouvent devant des moyens de transport pas assez vides, il n’est pas nécessaire qu’ils aillent travailler…

 

 

 

 

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