Tunisie – Législatives : Des primaires sous très haute tension à Ennahdha

Au début, il faut concéder qu’en « apparence », le parti Ennadha qui se veut démocratique est bien structuré et organisé. En préparation des prochaines échéances législatives, le parti a organisé, les 2, 9 et 16 juin dernier, des élections primaires au niveau des 33 circonscriptions, pour choisir les membres de ses listes.

C’est là que les « apparences » s’arrêtent, pour laisser place à l’hégémonie du tout-puissant Cheikh, président du parti. Car, comme le stipule le règlement interne du parti, le Cheikh peut se réserver le droit de changer quelques noms dans ces listes choisies au niveau des régions.

Toutefois, ses interventions pour changer les têtes de listes demeurent, de par le règlement interne, très restreintes ne pouvant guère dépasser 10% des noms choisis au niveau des régions. Sachant que ces modifications doivent, par la suite, être entérinées par le conseil de la Choura du  qui est, en principe, supposé être contrôlé par le Cheikh.

Mais cette fois-ci, au grand désarroi du Cheikh, la quasi-totalité des listes affichaient des noms qui « ne lui plaisaient pas », ou qu’il pense trouver de la peine à maîtriser. Car il faut croire que le Cheikh n’a plus, tout à fait, le vent en poupe, dans ses rangs, notamment, dans les régions. C’est devant cet amer constat, qu’il a été dans l’obligation d’outrepasser ses limites, en se permettant de proposer le changement de 30 têtes de listes, sur les 33  élues initialement.

C’est dans le cadre de ces changements que le Cheikh a, par exemple rétrogradé en troisième rang, Samir Dilou qui était en tête à Bizerte, pour le remplacer par Bechir Lazzem. Pareil pour la liste de Tunis 2, où il a décidé de remplacer en haut de la liste, Abdelhamid Jelassi par Tarek Dhiab.

Des manœuvres à très haut risque tentées par le Cheikh, en vue d’essayer d’assoir son contrôle sur tous les niveaux du parti qu’il a fondé, qu’il considère comme sien et dont il ne conçoit pas perdre le contrôle, surtout maintenant. Il restera, donc, au Cheikh le test ultime du conseil de la Choura, à gagner, ce qui ne semble pas être une affaire acquise d’office, en la circonstance.

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