Politique

Tunisie: Mechichi et le discours qui divise

Tunisie: Mechichi et le discours qui divise

Il semblerait qu’à chaque fois que le gouvernement essaie de régler un problème, il en provoque un autre. La « nouvelle méthode » fondée sur « le dialogue et le retour de la confiance », que Mechichi se félicite d’avoir adopté pour « régler » la crise d’Al Kamour, a provoqué une vague de protestations dans la quasi-totalité des régions du pays (Kef, Béja, Kairouan, Sfax, Kasserine…).

Une stratégie dévoilant, selon certains, non un esprit démocratique, comme le gouvernement voudrait le faire croire, mais la faiblesse d’un Etat qui négocie à genoux face à des groupement et des syndicats, apparemment plus forts de lui.

Après le régionalisme, le lobbying

Outre l’image de l’Etat qui part en vrille, cette « stratégie », ressemblant plus à un choix obligé, a provoqué, en plus des multiples protestations ouvertement motivées par un régionalisme abject, une vague de lobbying professionnel, que les impliqués ne font même pas l’effort de cacher.

En effet, après l’annonce de nouvelles mesures, prises au profit des magistrats, d’autres corps de métiers se sont sentis négligés. C’est le cas par exemple des greffiers de justice qui ont annoncé un sit-in ouvert le 23 novembre et une table ronde le 28 novembre, pour discuter de la situation déplorable de ce corps de métier.

Certains universitaires ont également estimé qu’il était inacceptable, que les magistrats bénéficient d’autant d’avantages « alors qu’ils ont fait moins d’études que les professeurs ».

Une sous-estimation du pouvoir de l’Etat

Bien évidemment le dialogue demeure la meilleure solution pour résoudre les problèmes, mais est-ce acceptable que l’Etat soit la partie faible du contrat ? Est-ce que cette soit disant nouvelle stratégie est susceptible d’apporter des solutions à long terme ? Le gouvernement doit-il céder à la moindre pression ?

En réalité, la réponse à toutes ces questions ne pourrait être, dans le meilleur des cas, que nuancée, car indépendamment du point de vue sur la question, il serait dangereux de croire qu’un groupement puisse menacer l’Etat et en sortir gagnant.

D’ailleurs, même après la conclusion de l’accord d’Al Kamour, la Coordination n’en a pas terminé avec les chantages, menaçant de refermer la vanne de pompage si les sociétés pétrolières ne procèdent pas avant la fin de l’année 2020 au recrutement de 215 employés. Un statut qui a été publié 2 fois sur la page officielle de coordination (Le 19 et le 20 novembre).

 

 

 

 

 

 

 

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