Tunisie – Mongi Hamdi : La diplomatie tunisienne doit se repositionner dans le dossier libyen

L’ancien chef de la diplomatie tunisienne, Mongi Hamdi a assuré, ce soir, sur le plateau d’une chaîne TV, que la décision d’écarter la Tunisie du congrès de Berlin sur la Libye était bizarre et inexpliquée et toutes les explications du gouvernement allemand ne pourraient la justifier. Car, a-t-il expliqué, la Tunisie est le premier pays qui sera lésé par le conflit libyen, à tous les niveaux, en plus du fait que  c’est le pays qui a le plus intérêt à rétablir la paix en Libye et qui n’a en tête, aucun autre agenda.

La Tunisie, a-t-il ajouté, sera le premier pays à bénéficier du rétablissement du droit en Libye, puisqu’elle pourra reprendre ses échanges avec le pays frère, mais aussi, parce que la paix en Libye, pourra rétablir plus de sécurité en Tunisie et ramener les investisseurs qui ont peur de la situation dans le pays voisin.

Hamdi a déchargé Kaïs Saïed de la responsabilité de la situation actuelle, assurant que le conflit libyen a commencé en 2011 et que la diplomatie tunisienne actuelle a hérité d’une situation pré existante où le pays n’a pas su s’imposer ni se positionner.

Hamdi a rappelé l’initiative tunisienne, lancée en 2014, pour un règlement de la situation en Libye sous la coupe des Nations Unies, ainsi que celle prônée par l’intervention des pays voisins de la Libye. Des initiatives qui tendaient à couper la route devant les agendas étrangers qui en voulaient après les immenses richesses de la Libye. Il a déploré que ces initiatives n’aient pas abouti et accaparées par d’autres pays, à l’instar du Maroc.

Hamdi a précisé qu’il s’agissait de la continuité du complot contre le peuple libyen, par les forces étrangères et quela Tunisie est parmi ceux qui en payent les frais. Il a déploré cette défaillance de la politique étrangère  à ce sujet, alors que la Tunisie est membre du conseil de la sécurité des Nations Unies, de même qu’elle a été le siège du sommet arabe et sera le siège du sommet de la francophonie.

Hamdi a assuré que la Tunisie a été exclue du processus de paix en Libye, à cause de sa prise de  position du côté du gouvernement de Tripoli, même si cette position ne relève pas des autorités officielles tunisiennes, mais de certains partis. Sachant qu’on ne peut pas parler de légitimité internationale du gouvernement de Tripoli, qu’elle a perdue depuis des années.

Hamdi a assuré que la Tunisie peut, encore, reprendre sa position naturelle, par rapport à ce dossier, malgré son exclusion du sommet de Berlin, puisqu’elle est le premier pays à devoir défendre ses intérêts en Libye. De même que les libyens ont des intérêts certains avec la Tunisie. Pour se resituer  dans le dossier libyen, il est nécessaire, a ajouté Hamdi, de se réunir avec toutes les parties impliquées, entre autres, le général Haftar.

Concernant le rôle que peut jouer la Tunisie, Hamdi a assuré qu’il est du devoir de la Tunisie, étant membre du conseil de sécurité des Nations Unies, de demander une résolution du conseil, pour décréter un cessez-le-feu et de démarrer les pourparlers pour une solution pacifique et politique.

 

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