Tunisie – santé : L’agence publique de trop !

Le ministre de la Santé, Abdellatif Mekki s’est entretenu récemment avec le représentant résident de la Banque Mondiale (BM) en Tunisie, Tony Verheijen.

L’entrevue a porté, selon le ministère, sur la coopération entre la Tunisie et la BM dans le secteur de la santé, en l’occurrence au niveau de l’accompagnement et du soutien des programmes qui concernent, particulièrement, la numérisation des prestations sanitaires.

L’accent a été mis aussi à l’occasion de cette rencontre sur l’importance de la rationalisation et la bonne gestion des médicaments, et curieusement sur un projet de création d’une nouvelle entreprise publique dénommée « Agence nationale des médicaments ».

Un tel projet paraît en évidence inutile voire même risqué puisqu’il porte sur la création d’une agence susceptible de parasiter la Pharmacie Centrale de Tunisie (PCT) vu que la mission principale de celle-ci n’est autre que la gestion des médicaments et l’organisation de leur distribution, sauf si l’objectif ultime de la démarche est la liquidation de la PCT pour la remplacer par la nouvelle « agence ». Une démarche qui n’a aucun sens sur le plan économique et social.

Au cas où les deux établissements publics vont cohabiter, l’approche veut dire tout simplement qu’il y aura une nouvelle entreprise publique opérant sur le même marché local qui est de petite taille avec les mêmes prérogatives et ce, contre la politique du gouvernement visant la rationalisation des charges de fonctionnement du secteur public du fait que d’après un rapport officiel récent, ces entreprises sont majoritairement déficitaires et tirent les finances de l’Etat vers le bas.

Pour mémoire, l’agence de notation « Pronoia By Reckon », (PBR) a publié en mai 2019 une note d’étude où elle a indiqué que la filière du médicament en Tunisie se caractérise par un secteur public fort et omniprésent à plusieurs niveaux précisément à la faveur d’une organisation adéquate basée sur des structures de réglementation et de contrôle qui sont la direction de la pharmacie et du médicament, le centre national de pharmacovigilance et le Laboratoire National du Contrôle du Médicament.

La PBR a souligné dans sa note l’importance des structures d’approvisionnement de la PCT qui garantit la distribution et la disponibilité des médicaments (stocks de sécurité) dans le pays. Elle assure ainsi la distribution du médicament aux établissements publics de santé, des hôpitaux régionaux et de circonscription et groupements et centres de soin de base, auxquels s’ajoutent les polycliniques gérées par la Caisse nationale de la sécurité sociale.

Même si certains appellent à la restructuration de la Pharmacie Centrale de Tunisie vu les difficultés qu’elle a vécues surtout depuis 2011 et qui se sont aggravées récemment, cette nouvelle « agence des médicaments » ne sera qu’un nouveau gouffre financier de plus.

 

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