Tunisie – VIDEO : ce qui se passe au croissant rouge tunisien doit être traité comme une affaire d’Etat

Suite à la décision du Haut Commissariat aux Réfugiés de suspendre sa convention avec le croissant rouge tunisien, après que celui-ci se soit rendu coupable d’une mauvaise gestion dans le dossier du camp pour réfugiés de Médenine et vu que la situation en Libye est, plus que jamais explosive et prête à s’ébranler à n’importe quel moment, la rédaction de Tunisienumerique a eu un entretien avec Mr Mohamed Hedi Mannaï, ancien membre volontaire du croissant rouge durant des dizaines d’années qui vient de quitter l’organisation afin de créer un mouvement de redressement du parcours du CRT et le sauver de la gestion « désastreuse » de son nouveau président.

Monsieur Mannaï a annoncé que, pour la première fois, depuis sa création, le CRT passe une « année blanche ». C’est-à-dire, une année avec zéro actions. Il a expliqué cette situation par la mauvaise gestion de l’organisation de la part de son nouveau président qui se permet des écarts de dépenses et qui ne répond pas à son courrier, ce qui a poussé les instances internationales, comme le Haut Comité des Réfugiés à Genève, de le rappeler à l’ordre à plusieurs reprises. Devant l’absence de toute réaction de la part de ce président, le HCR a annoncé la résiliation de sa convention avec l’organisation tunisienne et  s’est tournée vers d’autres ONG.

Le problème, selon Monsieur Mannaï, c’est que le président du CRT veut gérer l’organisation à sa manière et tout seul, sans en référer au bureau national, empêchant même les membres d’accéder aux courriers et autres document de l’organisation. Mannaï a ajouté que le président du CRT a recruté quelqu’un de ses connaissances, pour gérer avec lui l’organisation, tout en écartant les « enfants du croissant » comme ils se plaisent à le dire. Or, a-t-il ajouté, cette nouvelle recrue est complètement incompétente, d’où les trop nombreux dépassements enregistrés dans la gestion de l’organisation. Il a cité, pour exemple, un chèque du croissant rouge koweïtien, adressé à son homologue tunisien, qui devait servir à aider financièrement les victimes des inondations de Nabeul. Chèque qui aurait été versé sur un autre compte que ceux du CRT.

Maintenant, même si cette affaire semble, de prime abord, strictement interne à l’organisation, elle n’en demeure pas moins d’intérêt national, car une organisation comme le croissant rouge tunisien fait partie du paysage social du pays et s’acquitte depuis toujours, de missions importantes, en complémentarité avec les appareils de l’Etat. Cette organisation est en péril, pile au moment où le pays en a le plus besoin. C’est-à-dire, pour gérer les éventuelles centaines de milliers de réfugiés qui pourraient affluer de Libye. L’absence du croissant rouge tunisien laissera la porte grande ouverte aux autres ONG suspectes aux financements et aux desseins flous. Le pays n’a, en ce moment, aucun besoin d’un remake de ce qui s’est passé en 2011, surtout avec la menace plus forte que jamais de la présence de Daech au delà des frontières.

Donc, c’est une affaire qui devrait être traitée comme une affaire d’Etat. Le chef du gouvernement en a saisi l’importance et la gravité, suite aux incidents qui se sont passés au foyer pour immigrés à Médenine et surtout à la décision de résiliation de la convention du HCR. C’est dans cette optique et avec cette appréhension, qu’il a donné toute son importance à la question et a ordonné que tout cet imbroglio soit tiré au clair, de toute urgence, en convoquant autour d’une table, toutes les parties impliquées.

Quelle que soit la décision qui sera prise dans ce sens, elle sera, certainement à même de rendre hommage et justice aux illustres créateurs et ex-présidents du croissant rouge tunisien, qui en avaient fait un phare, illuminant le monde du travail humanitaire dans la région et dans  le monde arabe !

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