Dix choses à savoir sur les Tunisiens de l’étranger !

Sur fond d’incompréhensions mutuelles et parfois d’aigreurs, les préjugés véhiculés en Tunisie visant les Tunisiens de l’étranger sont nombreux et solidement ancrés ! Nous partageons ci-dessous quelques a priori les plus courants et autres contre-vérités qu’il est temps de signaler en vue de relations apaisées…

1- « Huit Tunisiens de l’étranger sur dix vivent en France et ce n’est pas prêt de changer ! »

FAUX ! Si la France est bien la destination historique et le premier pays qui concentre 6 Tunisiens de l’étranger sur 10, soit environ 800 000 concitoyens, l’attractivité de la destination n’est plus ce qu’elle était chez les nouveaux candidats au départ… On estime ainsi que parmi les 40-50000 immigrés quel que soit le motif (professionnel, familial, études…) qui quittent annuellement la Tunisie, moins d’un sur deux choisit désormais la France. L’Allemagne, le Canada, les USA, les pays arabes ou africains sont les nouveaux eldorados particulièrement prisés des profils très qualifiés.

2- « Ils sont surtout originaires du sud tunisien ! »

FAUX ! Il est vrai que la France compte une grande concentration des natifs de Jerba, Tatatouine, Zarzis mais malgré l’importance de ces effectifs, le « Grand Tunis » est et demeure le premier foyer d’origine des Tunisiens de France et dans le monde. Parmi les autres régions d’origine les plus importantes auprès de la diaspora, nous trouvons dans l’ordre : sud (Jerba, Zarzis, Medenine, Tataouine), Bizerte, Sousse et Monastir, le Kef et Jendouba, Gafsa, Nabeul… mais avec le temps toutes les régions tunisiennes sont représentées à l’étranger. A noter que la diaspora compte environ 150 000 Tunisiens juifs originaires principalement du « Grand Tunis », Jerba, Sahel (Sousse, Monastir…) et Cap Bon (Nabeul…).

3- « Ce sont des binationaux qui sont peu patriotes et peu loyaux à la Tunisie ! »

FAUX ! Au gré de chaque échéance électorale, la loyauté des Tunisiens de l’étranger est remise en cause publiquement et fait l’objet des dérives les plus populistes. Pourtant, toutes les études et observations montrent le profond attachement des Tunisiens de l’étranger à leur pays d’origine. Pour preuve, ils sont les premières sources de devises en Tunisie (2 milliards d’euros/an) et un touriste sur cinq en Tunisie est un Tunisien de l’étranger avec des arrivées massives en été et lors des grandes fêtes religieuses passées en famille. Leur engagement pourrait être plus considérable encore si l’Etat tunisien faisait ce qu’il y a à faire !

4- « Chômeurs, sans-papiers, délinquants, islamistes…ils font honte au pays ! »

FAUX ! Parmi plus d’1,5 million de concitoyens à l’étranger, il y a naturellement quelques échecs que certains médias aiment grossir à la loupe. La très grande majorité de la communauté est très bien intégrée qu’elle soit ouvrière, cadre ou chef d’entreprise. L’empreinte des Tunisiens de l’étranger est même particulièrement marquée dans certains secteurs : finance, nouvelles technologies, santé, boulangerie… Mais il est vrai que depuis 2011, l’afflux massif en Europe de quelques 50 000 sans-papiers, aux profils pas toujours recommandables, a considérablement brouillé l’image tranquille de la communauté.

5- « Ils se croient supérieurs ! »

FAUX ! Si une minorité adopte, à certaines occasions une forme de condescendance et d’arrogance vis-à-vis de leurs pairs en Tunisie, cela part souvent d’une incompréhension mais d’un bon sentiment. Au gré des discussions amicales et familiales, beaucoup de nos concitoyens aiment partager leur témoignage et expérience dans des pays plus développés avec l’objectif de montrer la voie du progrès. Il est indéniable que les Tunisiens de l’étranger ne veulent plus collectivement être considérés comme de simples pourvoyeurs d’argent et aspirent à exister par leurs opinions critiques, leurs compétences…

6- « Au pays, ils veulent être vus « vayssou » alors que la plupart vivent dans des HLM ! »

FAUX !  Ils sont environ 1,5 million à visiter le pays tous les ans avec pour principal objectif de se ressourcer en toute humilité au sein de la famille ! Il est vrai que pour une minorité « complexée », cela fait partie du jeu de vouloir montrer ostensiblement sa réussite sociale à ses proches comme pour justifier qu’ils ont eu raison de tenter leurs chances à l’étranger. Mais en aucun cas il ne s’agit d’une marque de mépris ou d’irrespect vis à vis de l’entourage ou de la société d’origine !

7- « A part aider leurs familles, ils ne font pas grand-chose pour le pays ! »

FAUX ! Sur les 2 milliards d’euros envoyés annuellement au pays, près de 30% sont consacrés à des projets : crédits immobilier, épargne, création d’entreprises… Les Tunisiens de l’étranger font vivre beaucoup de sociétés publiques et privées en Tunisie : (Tunisair, CTN, opérateurs télécoms, immobiliers…) ainsi que bon nombre de petits commerçants pendant leurs vacances au pays. Ils pourraient certainement faire encore plus mais cela passe par une meilleure reconnaissance de leur statut et l’adoption d’une stratégie publique efficace.

8- « On ne les voit qu’en été ! »

FAUX ! Vu que 80% de la communauté vit à moins de 3 heures d’avion, les arrivées sont aujourd’hui davantage échelonnées tout au long de l’année, au gré des disponibilités de chacun et des promotions des compagnies aériennes. Finies les cinq semaines de vacances d’affilée en été ! Pour s’en persuader, allez visiter l’aéroport de Tunis pendant le week-end. Désormais, l’été ne représentant qu’à peine 50% des flux annuels des voyageurs.

9- « Les jeunes sont perdus pour le pays ! »

FAUX ! Plus de 50% de la communauté est née à l’étranger et parmi eux on trouve souvent les meilleurs ambassadeurs de la Tunisie. Plus qualifiés et mieux insérés, dans leur grande majorité, ils aspirent à servir différemment le pays d’origine. Encore faut-il le comprendre ! Et, dans cette voie, il appartient à la Tunisie d’aider ces générations à cultiver leur « tunisianité » ce qui ne doit pas se limiter aux cours d’arabe.

10- « Le tourisme rapporte plus que les Tunisiens de l’étranger ! »

FAUX ! Alors que l’Etat tunisien dispense d’importants budgets pour la promotion du tourisme, l’export et le phosphate, les Tunisiens de l’étranger sont et demeurent les premières sources de rentrées de devises (2 milliards d’euros par an) malgré un effort national proche de zéro. Pour être totalement exhaustif sur la contribution des TRE, il faudrait ajouter à ces transferts d’argent : les dépenses en Tunisie pendant les vacances, le chiffre d’affaires généré par les TRE auprès des compagnies tunisiennes de transports, télécoms, banques, promoteurs immobiliers…, les rentrées en taxes et frais douaniers, les produits tunisiens achetés par la diaspora à l’étranger…

10 – « Ils paient trop de frais pour leurs transferts d’argent ! »

En moyenne, les frais de transferts d’argent pour la Tunisie sont excessifs, notamment par rapport à d’autres pays africains (Maroc, Nigéria, Kenya, Ghana…) où ils sont bien moindres. Heureusement, il est désormais possible d’envoyer de l’argent en Tunisie via un service low-cost mobile avec Monisnap et le premier transfert est gratuit !

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