Tunisie – Kaïs Saïed revient sur ses 99 premiers jours à Carthage

Le président de la république, Kaïs Saïed a accordé, ce jeudi soir, un entretien aux journalistes de la chaine TV Al Wataniya, à l’occasion des cent premiers jours de son mandat. Il a abordé, lors de cet entretien, dans la langue littéraire arabe, savante et recherchée, au risque de ne pas être bien compris par une majorité de tunisiens. plusieurs sujets, dont :

Il considère qu’il a raison sur toute la ligne et demeure imperméable à la critique

Kaïs Saïed a assuré qu’il est convaincu qu’il est sur le droit chemin. Du coup, il se dit indifférent à la critique et aux remarques. Il a appelé les membres de son équipe à continuer de travailler sur la même ligne, en ignorant toutes les critiques qui visent, uniquement, à le déstabiliser.

Il a, néanmoins, reconnu certains couacs de la part de son équipe, notamment sur le plan de la communication du palais concernant la visite d’Erdogan, de même que le choix contesté d’un directeur général de l’ITES, qui n’a pas le profil requis. Mais, a-t-il rétorqué, ces critiques et polémiques sont démesurées et non justifiées.

Il n’y a pas de soutien politique qui tienne… Il n’y a que le soutien du peuple

Concernant son choix d’Elyes Fakhfekh comme chef de gouvernement, sachant qu’il risque de ne pas obtenir l’aval de l’ARP ni le soutien politique nécessaire de son cabinet, Kaïs Saïed a annoncé qu’il a choisi Fakhfekh en son âme et conscience et qu’il s’est basé sur les propositions des partis. Il a ajouté qu’on ne doit pas parler de soutien politique, que c’est un terme erroné et qu’il n’y a que le soutien du peuple qui importe, en allusion à l’appui dont il bénéficie de la part de ses électeurs. Il a ajouté que si les députés refusent de lui donner leur confiance et s’ils rejettent n’importe laquelle de ses initiatives à l’avenir, ils seront pénalisés, non pas judiciairement, mais politiquement.

Il ne semble pas pressé pour appeler à des élections anticipées

A la question de savoir s’il va dissoudre le parlement, en cas de refus de confiance au gouvernement Fakhfekh, il a répondu que la constitution donne le droit au président de décider cette dissolution, sans l’y obliger et sans le limiter dans le temps. Il a pris l’exemple de la Belgique qui a fonctionné pendant deux ans avec un gouvernement de gestion des affaires courantes. Il a, néanmoins, consenti que la Tunisie ne saurait souffrir de continuer sur ce rythme.

Il compte user du budget saoudien afin de bâtir l’hôpital de Kairouan et ériger une ville sanitaire

Kaïs Saïed a annoncé que l’un de ses premiers projets est de faire ériger toute une ville sanitaire, dans la région de Kairouan, avec des unités hospitalières comportant toutes les spécialités et jouissant de toutes les composantes d’une ville moderne. Il est en train de chercher les fonds pour ce projet et n’exclut pas de virer le fond saoudien pour l’édification de l’hôpital universitaire de Kairouan, afin de financer une partie de ce projet et acheter tout ce qu’il faut, y compris, a-t-il précisé, des hélicoptères pour le transport des malades. Il a ajouté que de nombreux investisseurs sont prêts à collaborer à ce projet à condition que les fonds soient mis sous le contrôle de la présidence de la république. Saïed a ajouté qu’il a ses idées pour fiancer tous types de projet, rappelant sa proposition de faire payer les hommes d’affaires suspectés d’abus des biens publics, dans le cadre d’une vraie réconciliation nationale, en échange d’argent.

Il  ne va pas créer un parti…Les partis c’est dépassé !

A la question de savoir s’il est vrai qu’il projette de créer son propre parti, Saïed a répondu par la négative. Il a expliqué que l’ère des paris et formations politiques est révolu et ce à l’échelle mondiale, ajoutant qu’il va continuer à travailler avec les jeunes du pays, comme à l’époque de sa campagne électorale.

Le dossier de l’appareil secret d’Ennahdha est du seul ressort de la justice

Kaïs Saïed a assuré qu’il ne reprendra pas le projet de BCE d’ouvrir, devant le haut conseil de la sécurité nationale, les dossiers de l’appareil secret d’Ennahdha et des assassinats politiques, précisant que ces dossiers doivent rester du seul ressort de la justice. Il a ajouté que la décision de BCE a été motivée par son « divorce avec Ennahdha ».

La Tunisie n’est pas en train de s’isoler à l’international… Elle est devenue la destination de la diplomatie mondiale

En réponse à ceux qui prétendent que la Tunisie est en train de s’isoler de plus en plus, sur le plan diplomatique, il a démenti ces allégations, assurant qu’au contraire, elle est devenue la destination de la diplomatie mondiale, à témoin le nombre impressionnant de responsables étrangers qui n’ont cessé de se relayer pour s’entretenir avec lui.

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