Tunisie – Menaces d’Ennahdha : Vraie intention ou simple moyen de pression ?

Ennahdha a brandi, hier, suite à la réunion de son conseil de la Choura, la menace de recourir aux élections anticipées, si jamais Elyes Fakhfah s’entête à n’en faire qu’à sa tête, dans le processus de formation de son gouvernement. Et par là, Ennahdha veut lui signifier qu’il est hors de question de vouloir passer en force, de vouloir se cacher sous le manteau du président Kaïs Saïed et, aussi, d’exclure, contre la volonté du Cheikh, le parti 9alb Tounes de la formation du prochain gouvernement.

En effet, Ennahdha voit d’un mauvais œil les manœuvres d’Elyes Fakhfakh de vouloir puiser une légitimité à partir de celle du président de la République, c’est-à-dire qu’il veut s’affranchir de la coupe de l’ARP qu’Ennahdha insiste à maintenir au centre du pouvoir. Avec cette prise de position, Ennahdha veut démontrer à Elyes Fakhfakh, mais aussi à Kaïs Saïed et ses partisans, qu’il est encore loin, le jour où ils vont espérer gouverner tous seuls, voire penser revenir au système présidentiel. Et dans cette optique, Ennahdha veut dire à tout ce beau monde qu’il est hors de question qu’on la cantonne à un simple bloc parlementaire sans pouvoir, et qu’elle n’a pas peur de faire refaire les élections, au contraire de ce que semblent penser Kaïs Saïed et son poulain Elyes Fakhfakh.

D’un autre côté, Ennahdha ne veut pas qu’on exclue 9alb Tounes du processus de formation du gouvernement, car sans 9alb Tounes à ses côtés, à l’ARP, Ennahdha sait pertinemment qu’elle sera une proie facile entre les mains d’un possible rapprochement entre le partie de Nabil Karoui et le PDL.

Donc, Ennahdha veut montrer qu’elle est prête à tout, et que les élections prématurées ne lui font pas peur, puisqu’elle est le seul parti qui peut avoir confiance en la fidélité inconditionnelle de son électorat. Mais est-ce pour autant vrai ? Est-ce qu’Ennahdha est vraiment partante pour tenter de nouvelles élections ? Est-elle vraiment, toujours, aussi sure de sa suprématie aux urnes ? Pas si sur que çà ! Surtout quand on sait qu’au dernier sondage d’intentions de vote, elle se fait surclasser par son pire cauchemar, le PDL. Et c’est cette dernière donnée qui va donner à réfléchir à Enahdha pour savoir si elle va s’entêter à vouloir imposer sa loi envers et contre tous, ou si elle ne va pas faire des concessions et se maintenir à carreau, de peur de se trouver à la merci d’Abir Moussi ?

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