Tunisie – Pourquoi la police s’est-elle lancée à la recherche d’un leader d’Ennahdha, en ce moment ?

Les forces de l’ordre se sont déplacées à deux reprises, avant-hier au soir et hier matin, au domicile d’Abdelaziz Daghseni, président du conseil régional de la Choura d’Ennahdha à Ben Arous. Il serait, de surcroît, le beau frère de Rached Ghannouchi.

Ce nom a été mentionné dans l’enquête sur l’appareil secret d’Ennahdha dont il serait le principal responsable, selon les éléments recueillis par le comité de défense des martyrs Chokri Bélaïd et Mohamed Brahmi.

Le fait que cet individu qui n’a jamais été inquiété, durant toute la période passée, soit activement recherché, en ce moment précis, laisse comprendre que le divorce est bel et bien consommé entre Ennahdha et le chef du gouvernement qui, délesté de la pression des islamistes, semble bien déterminé à ouvrir certains dossiers auxquels il n’avait pas pu toucher auparavant. Ce qui laisse présager un changement radical dans les équilibres de la scène politique du pays.

Mais, c’est sans compter avec l’audace et la détermination d’Ennahdha, à défendre ses intérêts et ceux de ses « agents ». Car le mouvement a riposté à ces descentes de police, de façon quasi instantanée, par la voix du président de  son bloc parlementaire et ancien ministre de la justice, Noureddine Bhiri qui a publié sur sa page Facebook une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, lui demandant non seulement de retenir ses hommes, mais en plus, de s’excuser auprès de Daghseni et de sa famille qu’ils ont « harcelée » sans raison et, surtout, sans aucun mandat judiciaire…

Ce dernier détail a laissé comprendre que dans l’affolement, Bhiri a, inconsciemment, laissé entendre qu’il maîtrisait encore la justice tunisienne et ses coulisses et qu’il était au courant de ce qui se passait dans les tribunaux par les équipes qu’il y a installées.

En conclusion, c’est une affaire qui risque de faire beaucoup de bruit et qui veut dire deux choses :

Premièrement, il semble que les vents ont tourné pour les islamistes d’Ennahdha et que le moment d’ouvrir certains « dossiers » soit venu.

Deuxièmement, les islamistes sont aux abois et savent qu’ils y jouent leur survie. Ce qui ne laisse rien présager de bon, connaissant un peu leur façon de réagir, quand ils se sentent menacés.

 

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