Tunisie – Quel est le plan « B » d’Ennahdha ?

La plupart des observateurs ne croyait pas qu’Ennahdha irait jusqu’au bout et se hasarderait à revenir aux élections anticipées. Mais c’était ne pas savoir, ce dont sont capables les tacticiens et magouilleurs du parti. C’est aussi oublier que ce sont eux qui ont écrit la constitution et qui l’ont truffée de pièges et de lacunes.

Bien évidemment, Ennahdha a son plan « B », qu’elle est, d’ailleurs, en train de finaliser, de façon à ce qu’il soit prêt le jour « J ». Ce plan est ce qu’ils appellent, à Montplaisir « un passage en force constitutionnel ». En effet, ils vont se baser sur les écrits de la constitution, ou, plutôt, sur ses non-écrits, c’est-à-dire, ses lacunes et ses oublis, pour opérer ce passage en force. Une manœuvre qui se base sur un simple calcul arithmétiqu et sur leur propre interprétation de “l’esprit de la Constitution”. Leur Cheikh n’a-t-il pas annoncé, pas plus tard que ce matin, qu’il y avait dans les textes et l’esprit de la constitution, de nombreuses solutions pour sortir de cette crise ?

L’objectif de ce passage en force est, bien évidemment, de retirer et de reprendre l’initiative des mains de Kaïs Saïed. Pour ce faire, ils se basent sur les textes constitutionnels qui stipulent que le premier candidat chef de gouvernement, désigné par le parti vainqueur a un délai de deux mois au maximum, et que le deuxième candidat désigné par le président de la République ne peut pas dépasser un mois non renouvelable, ces délais s’achvant le jeudi prochain, soit, le 20 février.

Dans le cas où le président décide de dissoudre le parlement, il ne pourrait le faire qu’après 4 mois de la première désignation, c’est-à-dire, pas avant le 15 mars. Ce qui laisse une fenêtre de 25 jours où l’initiative n’est plus entre les mains de Kaïs Saïed et où, pour éviter le vide à la tête de l’exécutif, le parlement peut reprendre la main,et désigner un autre candidat, avec le but annoncé de vouloir éviter le vide et épargner au pays les pertes de temps et d’argent, pour organiser de nouvelles élections.

C’est, sommairement, le projet qu’a présenté Ghanouchi, hier, aux membres de la Choura. Il préconise de proposer comme troisième candidat à La Kasbah, Fadhel Abdelkafi, comme étant le personnage qui est capable d’obtenir, le plus facilement, le nombre de voix requis pour obtenir la confiance du parlement.

Il faut reconnaître que le Cheikh n’a pas eu la tâche facile pour convaincre son conseil, puisque sa proposition a rencontré une opposition, notamment, de la part d’Ali Laarayedh qui a attiré l’attention sur la nécessité de faire prévaloir l’intérêt de la Nation et de lui éviter tout aléa supplémentaire. Ce à quoi Ghannouchi a répondu qu’il était sûr de son coup et qu’il ne rencontrera aucune réticence de la part de Kaïs Saïed sur lequel il prétend avoir un ascendant moral, et qu’il pense incapable de lui tenir tête, contrairement à ce qu’il en était avec feu BCE face à qui Ghannouchi savait qu’il ne faisait pas le poids. La proposition du Cheikh a été finalement adoptée par le conseil de la Choura, malgré l’opposition de 12 membres. Le plan « B » sera mis à exécution à partir de l’instant où le parlement refusera la confiance à Fakhfekh.

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