Tunisie – Création d’un parti Amazigh : L’arbre qui pourrait cacher la forêt ou la jungle

L’annonce par un groupe de jeunes, de la création d’un parti politique Amazigh, il y a quelques jours, a créé une sorte de malaise général chez les tunisiens.

Bien que le tunisien soit fier de ses origines amazighes, il n’en demeure pas moins, qu’une annonce pareille est de nature à jeter le trouble sur la scène politique et sociale du pays.

La loi tunisienne, faut-il le rappeler, interdit la formation de partis politiques qui se basent sur des idéologies ethniques, religieuses, raciale ou d’appartenance à une minorité ou à une autre.

Donc, que vient faire ce parti, à ce moment précis et quel rôle lui sera dévolu en cette période de flou intégral ? Quelle différence entre ce parti amazigh « AKAL » et le Hizb-Ut-Tahrir, salafiste qui prône la Califat et l’application de la Chariâa ?

En effet tous les deux ne respectent pas la notion d’appartenance au pays ni celle de territorialité, quoiqu’ils prétendent le contraire. Tous les deux rêvent de regrouper leurs semblables dans un seul Etat, une seule « Ummah ». Tous les deux ne reconnaissent apparemment pas le drapeau national et arborent lors de toutes leurs manifestations, leur propre étendard. Tous les deux revendiquent leurs droits historiques dans le pays, à savoir les invasions islamiques lors de la progression des Aghlabides et la quasi éternelle présence des amazighs, depuis la nuit des temps, dans le pays. Enfin, tous les deux ne reconnaîssent pas les frontières nationales et déclarent vouloir œuvrer à réunir leur « race » ou leur « idéologie » à travers le monde.

Mais si le Hizb-Ut-Tahrir admet, tout de même, l’entité tunisienne, ne serait-que sous le titre de « Wilaya », les amazighs vont plus loin et projettent de réunir les enfants de leur ethnie, dans une seule Nation qui ne distingue pas les frontières et qui s’étend, selon leurs propres aveux, de la Libye au Maroc, en passant par le sud et le centre ouest tunisiens, la Kabylie et le sud algérien, sans oublier les détours par le Niger, le Mali et tout le reste.

Or, cette nouvelle carte, rappelle exactement, celle qu’avaient préparée les architectes du printemps arabe qui projetaient de diviser l’Afrique du Nord, en trois bandes horizontales. Une au sud réunissant les Amazighs, qui pourront au passage rafler l’essentiel des richesses naturelles de la région, la bande du milieu sera dédiée aux barbus vêtus de noir et une dernière dans la zone côtière, où devait régner l’Islam politique.

Vu sous cet angle, il semblerait que les architectes du projet du printemps arabe persistent à vouloir réaliser leurs desseins, malgré les déconvenues qu’ils ont rencontrées, en Egypte ou en Syrie !

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