Tunisie – Pourquoi et qui se cache derrière cette rumeur de l’éventualité de refaire des élections prématurées ?

Depuis deux jours,  une rumeur lancinante et insistante est en train de se propager sur la scène politique. Ce potin est en rapport avec une forte probabilité de réorganiser des élections générales prématurées.

Le ragot aurait commencé par des déclarations faites par un membre de l’ISIE à un média étranger  disant que l’instance des élections aurait reçu de la part de l’ARP un courrier lui demandant de se préparer pour de nouvelles élections générales.

Ces déclarations ont évolué comme un feu de paille, gagnant l’espace virtuel, au point où les démentis ont commencé à fuser de partout. D’abord de la part du bureau de l’ARP ensuite, de la part de l’ISIE qui ont démenti l’existence d’un tel courrier. Ce qui a poussé le journaliste du média étranger  à l’origine de l’annonce, à contrer ces démentis et à prétendre qu’il était en possession de l’enregistrement de cette déclaration faite par un membre de l’ISIE.

Dans tout ce brouhaha, il faudrait garder la tête froide pour essayer de comprendre ce qui se passe, et qui se cache derrière ce canular.

A première vue, il apparaît que cette intox ne vise pas le citoyen lambda, mais plutôt les députés de l’ARP. Car, avec la multiplication des annonces et des menaces de la part des blocs parlementaires de ne pas voter la confiance au prochain gouvernement, « certaines parties » ont jugé utile de rappeler à ces députés que dans le cas où ils s’entêtaient à maintenir leurs positions, ils risquaient de se retrouver à refaire les élections législatives et donc fort probablement perdre leur siège à l’ARP,  si le processus de mise en place du gouvernement n’était pas réussi.

Les parties qui sont derrière ces ouï-dire, savent très bien de quel bois se chauffent les députés et qu’il est, pour eux, inconcevable de perdre leur si confortable siège au Bardo. Ce qui va les pousser très certainement, à revoir leurs positions vis-à-vis du gouvernement en cours de formation.

Ces députés ont montré qu’ils fonctionnaient à la menace. Ils en ont donné la preuve, il y a quelques jours, quand ils avaient refusé de voter le budget complémentaire de 2019, puis on, subitement changé d’avis dès qu’on leur a rappelé que leur refus allait empêcher le payement des salaires de décembre, y compris les leurs!

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