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Corruption en Tunisie : La fondation américaine Carnegie dresse un tableau noir

Corruption en Tunisie : La fondation américaine Carnegie dresse un tableau noir

La Fondation américaine Carnegie pour la paix internationale a publié son rapport le 25 octobre 2017 sur la corruption en Tunisie.

Dans son rapport, la fondation considère que la corruption est une force de déstabilisation en Tunisie, infectant tous les niveaux de son économie, la sécurité et le système politique. Elle considère aussi que la corruption était plus contrôlée sous l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali et que maintenant elle est devenue endémique et ressentie dans la vie de tous les jours des citoyens.

Ces analyses sont basées sur une enquête terrain, entre Juillet et Août 2017, auprès de 391 Tunisiens pour comprendre comment ils perçoivent la corruption dans leur pays. L’enquête était essentiellement de nature qualitative.

Les réponses offrent une certaine indication de l’omniprésence et de l’impact de la corruption. Dans l’ensemble, les répondants sont sceptiques des efforts de lutte contre la corruption du gouvernement et estiment que la corruption a augmenté depuis la révolution, ce qui affecte grandement le pays et leur vie quotidienne.

Principaux résultats de l’enquête :

Seulement 2% des répondants considère qu’il y a plus de corruption pendant l’ère de Ben Ali.

Le gouvernement Tunisien en général et la troika sont considérés les responsables principaux de l’amplification de la corruption après la révolution.

La lutte contre l’impunité doit être l’action prioritaire du gouvernement dans la lutte contre la corruption

La majorité absolue des répondants considèrent que le gouvernement n’a pas réussi dans sa lutte contre la corruption

64% des répondants pensent que le gouvernement ne va pas réussir dans sa lutte contre la corruption

Recommandations du rapport :

  • Mettre en œuvre et faire respecter les lois existantes, à commencer par l’application de la loi obligeant les fonctionnaires tunisiens de déclarer publiquement leurs actifs.
  • Faire participer la société civile dans la création et la mise en œuvre des mesures de lutte contre la corruption pour assurer l’adhésion des réformes publiques.
  • Prioriser les établissements de la Cour constitutionnelle et assurer l’indépendance du pouvoir judiciaire du pôle financier, chargé d’enquêter, de poursuivre et de statuer sur les cas de corruption financière.
  • Investir massivement dans les régions frontalières pour fournir des options de sortie du secteur informel, comme les emplois de l’éducation et du secteur privé.

 

La Fondation Carnegie pour la paix internationale (en anglais : Carnegie Endowment for International Peace) est une organisation non gouvernementale ainsi qu’un cercle de réflexion et d’influence global (think tank) dédiée au développement de la coopération interétatique et à la promotion des intérêts des États-Unis sur la scène internationale. Fondée en 1909 par Andrew Carnegie, l’organisation s’efforce de conserver une impartialité politique en incluant des membres démocrates et républicains. À travers des recherches, des publications et des conférences, la fondation explore de nouvelles approches dans le domaine des affaires étrangères. Elle est actuellemen dirigée par James C. Gaither, un ancien directeur de la RAND Corporation, think tank créé par le département de la Défense des États-Unis.

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