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Immigration clandestine: Les mirages de l’Eldorado européen continuent à provoquer des hécatombes

La multiplication des hécatombes résultants des aventures de l’immigration clandestine dont la dernière remonte à mardi soir  lorsque 8 candidats à l’immigration clandestine vers l’Italie ont péri noyés suite à une collision de leur embarcation avec un navire de guerre de la Marine Tunisienne au large des îles Kerkennah, ont remis au devant de la scène le côté hideux de l’émigration clandestine.

Un drame qui vient s’ajouter à des centaines d’autres dans le cadre de cette course effrénée vers l’Eldorado européen en quête d’une vie supposée être meilleure mais qui n’est, en réalité, que des mirages que font miroiter les médias occidentaux et la société de consommation aujourd’hui.

Un drame familial

Les pleurs des pères, mères et frères éplorés par le décès de leurs fils tués à la fleur de l’âge , traduit cette douleur incommensurable face à la tragique quête d’atteindre l’autre rive pour quitter ce quotidien monotone peuplé de misère, de privations et de brimades comme le pensent ces aventuriers .

Malgré la douleur de la perte d’un être cher , les parents n’ont aucun remord ni regret et n’ont à aucun moment condamné , la décision de leurs enfants de franchir le Rubicon en décidant de tenter l’aventure à leur risque et péril.

Dans leurs déclarations aux médias , les parents vont même jusqu’à justifier le choix de leur progéniture, révoltés par les difficiles conditions de vie auxquels ils sont confrontés , sans travail ni perspectives d’avenir à part la triptyque rue, cafés et prisons.

Certains ont affirmé qu’au moins à l’étranger leurs enfants pourront avoir le prix d’une cigarette et manger à leur faim.

Cette mentalité s’est reflétée par les vagues de bateaux qui partent régulièrement à l’assaut des côtes de l’Italie et dont les occupants publient sur les réseaux sociaux des séquences vidéos de leur arrivée se prenant en selfie et visiblement heureux d’avoir terminé l’odyssée sans encombre et d’avoir atteint leur but.

Quelque 2700 migrants ont franchi au cours des derniers mois les côtes italiennes au départ de la Tunisie , a annoncé une ONG tunisienne.

Ce chiffre témoigne de l’accroissement du flux des candidats à l’immigration en partance de la Tunisie qui s’explique par la fermeture de la route migratoire de la Libye depuis la signature d’un accord entre l’Italie et le gouvernement d’union nationale basé à Tripoli.

En vertu de cet accord, l’Italie a dépêché des navires de guerre à Tripoli pour surveiller la côte ouest  et a conclu des accords avec les milices et groupes armés libyens agissant dans le trafic des migrants, réussissant à limiter le nombre des migrants au départ du littoral libyen.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Angelino Alfano a annoncé ce jeudi que le nombre des immigrés arrivés en Italie a diminué de de 4.000 au mois de septembre , saluant la coopération avec la Libye.

L’hostilité des pays occidentaux

Aussi vieux que l’humanité, le phénomène de l’immigration clandestine a toujours été considéré comme un mouvement naturel des être humains à la recherche d’endroits meilleurs pour y mener une nouvelle vie.

Mais aujourd’hui cette portée de l’immigration a été totalement édulcorée, et les pays d’accueil ne veulent plus recevoir les immigrés, accusés de voler le pain de leurs hôtes.

La célèbre phrase de Michel Rocard, défunt Premier ministre socialiste affirmant dans les années 80 que “la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde”, a sonné le glas de l’immigration en Europe et dans les pays occidentaux en général en dépit du vieillissement de leurs populations et du besoin lancinant en main-d’oeuvre.

C’est dans ce contexte que la xénophobie s’est propagée dans les sociétés européennes et occidentales  avec l’essor de l’extrême droite et des néonazis qui abhorrent ouvertement les étrangers et les immigrants.

La question de l’immigration est devenue un thème central des élections dans les pays occidentaux et les partis d’extrême droite jouent sur la peur et les angoissent des citoyens européens pour se faire élire en adoptant un discours xénophobe et de rejet de l’autre accusé d’être à l’origine de tous les maux notamment l’insécurité et le chômage découlant, pourtant, de la conjoncture économique mondiale.

Il aura fallu la mort du petit syrien, Aylan sur les rives de la Turquie lors de la tentative de traverser la mer Égée vers l’Europe qui a ému le monde pour que des pays occidentaux prennent conscience du drame de l’immigration clandestine et de la nécessité d’aider les réfugiés.

C’est dans ce cadre que l’Allemagne a décidé d’accueillir un million de réfugiés en dépit de la grande opposition de ses concitoyens ce qui prouve qu’il y a de la place pour ces immigrants dans divers pays de l’Europe.

Une réalité amère

Les jeunes qui débarquent en Italie et finissent par s’éparpiller à travers l’Europe n’attendent pas longtemps pour déchanter en confrontant la réalité de leur nouvelle vie.

Au lieu des richesses , de l’argent, du confort, des belles femmes, des voitures et de tous les mirages dont ils rêvaient, c’est la misère, la marginalisation, et les privations qu’ils rencontrent.

Obligés de vivre dans la rue, souvent cachés de crainte d’être arrêtés par une patrouille de sécurité, les immigrants dans les pays occidentaux s’alimentent, pour beaucoup d’entre eux dans les poubelles.

Ne pouvant pas changer leur nouvelle réalité et ne voulant pas retourner au pays les mains vides  au risque de devenir la risée des habitants du quartier en particulier les membres de la famille et les amis,  les immigrés vivotent et s’accommodent de leur nouvelle vie qu’ils acceptent avec résignation.

Ils finissent par être obligés de commettre des vols et autres infractions qui les conduisent en prison.

Au lieu de tirer les leçons et d’admettre que leur choix n’étaient pas judicieux , ils persistent dans l’erreur et tombent dans une sorte de traquenard qui se renferme sur eux.

En effet, les prisons  des pays européens, grouillent de prédicateurs de Daech qui lavent les cerveaux des jeunes immigrants confrontés aux difficultés de la vie pour en faire des combattants de l’Etat islamique.

C’est le cas de Anis Amiri, l’auteur de l’attentat au camion qui a foncé sur une foule sur le marché de Noël à Berlin tuant 9 personnes et en blessant des dizaines d’autres. Il était  parti en 2011 comme immigré clandestin et après avoir été emprisonné en Italie, il été recruté par Daech durant sa période de détention.

D’autres immigrés tombent entre les mains de la mafia  qui les exploite en Italie. Ces gangs criminels n’hésitent pas à encourager l’immigration clandestine en  envoyant de vedettes rapides près des côtes tunisiennes pour prendre les migrants et passer leurs commandes à leurs collègues en Tunisie.

Génération bling-bling

La nouvelle génération de candidats à l’immigration clandestine est une génération bling-bling  qui n’est pas aussi paumée qu’on le laisse croire.

Smartphones et bien habillés, les nouveaux candidats à l’immigration clandestine apparaissent comme des privilégiés.

S’ils sont issus de milieu modestes, ils sont assez riches pour se payer le ticket de la traversée qui s’élève à 7000 dinars ce qui représente un pactole par ces durs temps qui courent.

Il s’agit d’un fonds assez conséquent pour permettre à quelqu’un d’ouvrir un petit commerce et de se créer une opportunité pour assurer une source de revenu stable et durable.

Mettre fin à ce phénomène ne requiert pas d’approche sécuritaire car quoi qu’on fasse, on ne peut rendre les frontières hermétiques ni empêcher les candidats de l”immigration d’emprunter une embarcation de fortune même avec des complicités de tout bord et traverser la Méditerranée malgré tous les dangers.

Il s’agit d’une question de mentalité et de sensibilisation qui échoit à l’Etat et aux organisations de la société civile qui doivent s’investir pour sensibiliser les citoyens sur les risques encourus  et surtout sur la fin dramatique de ceux qui ont réussi à atteindre l’autre rive. S’ils n’ont pas des connaissances installées auparavant  et intégrées pour les accueillir et leur éviter de tomber dans les travers de la marginalisation et du banditisme pour ne pas dire l’extrémisme, mieux vaut rester dans sa chère Tunisie dont le soleil réchauffe et les rues préservent à leurs occupants plus de dignité que celles de Paris ou Rome.

 

 

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