Monde

Lettre ouverte au “président de merde”, de la Maison Blanche.

Monsieur le président,

D’abord, l’idée de vouvoyer un homme fruste, fantasque et xénophobe comme toi, quand bien même tu sois à la tête de la première puissance mondiale, aurait été de mauvaise foi de ma part, tant je honnis ton discours et ton agitation, sans compter que je ne peux me résoudre à employer une telle entrée en matière. Te vouvoyer aurait fait désordre. Je me dois avouer que je ne peux penser à toi qu’à travers un écran pétri d’irrévérence, de dégoût et de nausée. En revanche, je te reconnais la prouesse de résumer à toi seul l’ensemble des sept péchés capitaux. Il faut le faire, tu l’as fait et bien fait. Jamais une déclaration n’est sortie de ta bouche sans blesser, offenser, invectiver, menacer, humilier ou bien choquer. On dirait que tu ne trouves ton équilibre que dans l’insulte, le mépris et l’arrogance. Charles Maurice de Talleyrand dont je doute fort que tu aies, un jour, entendu parler ou croisé la réflexion et la lucidité disait : ” On peut violer les lois sans qu’elles crient. A contrario, j’ajouterais que jamais un homme d’honneur, qui plus est chef d’Etat,  ne qualifie un pays de “merde”.

Pourquoi alors m’adresser à toi avec un solennel “Monsieur le président” ? Je dis “Monsieur”, d’un part par respect pour ta fonction et non parceque tu es le grand monsieur dont je pourrais louer le sens de la justice, l’étoffe ou le talent. J’adresse le mot  “président”par égard à la majorité électorale américaine qui t’a bombardé à la Maison Blanche, quoi qu’aujourd’hui une masse critique de l’électorat américain, même dans ton camp républicain, ne se reconnait ni ne   ne s’identifie à toi et rejette ta politique, notamment extérieure. De ton bureau ovale, multipliant les obscurs décrets et les mensonges les plus éhontés, tu as fait des Etats-Unis un “état voyou” et le centre de gravité de l’ “axe du mal”, termes chers à ton maître à penser dans l’odieux, l’illustre Georges W. Bush, de sinistre mémoire.

Que tu aies traité certains pays en développement, notamment africains, de “pays de merde”, n’est qu’une haineuse sortie de route où tu es passé maître et dont tu as le secret. Le sulfureux cow-boy de série B que tu es, adore se donner en spectacle pitoyable et défrayer toutes les chroniques . Venant de toi, le hideux sobriquet ne surprend personne, tant tu t’es habitué, durant aussi bien ta campagne électorale que durant ta présidence, d’élever l’insulte et le langage de caniveau au rang de plan de communication. A chaque déclaration, tu te surpasses en effets d’annonces et en formules coup de poing, trahissant ta fibre fasciste, anachronique et fantasque,  ainsi que ta misère morale.

Je suis un enfant du continent noir, africain jusqu’au bout des ongles, fier et ravi de vivre dans un “pays de merde”, je me bats chaque jour, comme tous mes frères africains, contre l’héritage impérialiste et colonialiste de pauvreté et de sous-développement, à tous les niveaux. Conscient de ta mémoire défaillante, de ta courte vue et ton “ignorance encyclopédique” (comme disait le grand Jean Jaurès), je ne sais pas s’il est encore pertinent de te dire, persuadé que tu n’en sais rien, que la naissance de ton pays, les Etats-Unis, est le fruit de la diversité des races, de la multitude des ethnies. Bien sûr, tu ne le sais pas, tu n’as aucun sens de l’histoire encore moins de la géographie. Les africains noirs ont longtemps contribué au développement de ton pays, et ont  donné leur sueur et leur sang pour contribuer à construire l’empire Yankee. Tu dois aussi ta fortune, toi qui es né une cuillère d’argent à la bouche, dans l’opulence et la satiété, toi qui as grandi dans la soie et le coton, toi qui n’as jamais connu le besoin ou la privation, aux merdeux africains.

Comme dans les affaires, tu n’as fait que fructifier et valoriser un héritage, sauf que le legs est cette fois-ci est d’ordre moral. Ton père, suprématiste notoire, proche de la pieuvre raciste du Ku Klux Klan, organisation sectaire de l’extrême droite américaine, dont l’unique “mission” est de terroriser et de déverser sa haine et sa violence sur les noirs américains. Tu étais à bonne école. Ton enlisement dans la xénophobie et le sexisme laisse croire que l’élève a supplanté son maître.Ton islamophobie n’est plus à démontrer. Tu  as menacé d’interdire l’armée aux américains musulmans et tu as dressé une liste noire de pays musulmans dont les ressortissants sont interdits de pénétrer sur le territoire américain. Sans compter le mur que tu veux construire tout le long de la frontière avec le Mexique, soi-disant pour lutter contre l’immigration clandestine, arguant que le pays voisin n’envoie que les criminels, les délinquants et les trafiquants de drogue.

Est-ce fortuit que tu aies éructé ton insulte la veille de la Journée de Martin Luther King (Martin Luther King Day), date d’anniversaire de la naissance du pasteur noir américain, chantre  des droits civiques, journée qui tombe cette année le 15 Janvier 2018 (troisième Lundi du mois de Janvier de chaque année) ? Le révérend s’en retournerait certainement dans sa tombe. Déjà, ses proches et ses compagnons de route t’en sévèrement épinglé, à juste titre d’ailleurs, allant jusqu’à conclure que “le racisme était dans ton ADN“, outre que tu ne fais que précipiter “la déchéance de la fonction présidentielle américaine”.

Tes récents propos racistes, reflets de ton âme ténébreuse et de ton esprit inculte sont dans la droite lignée de ce que tu as dit, en Juin 2017, sur les haïtiens, qui de ton viral avis “ont tous le sida”. Malgré le démenti de la Maison-Blanche, tout le monde sait que tu es capable de ce genre de raccourci. Pire encore, dans ta campagne électorale, qui a tourné au festival de narcissisme, et en matière de lutte contre le terrorisme,  tu n’as éprouvé aucun scrupule pour faire part de ta  volonté de “réinstaurer le supplice de la baignoire… et d’en imposer bien pire“. Ledit  supplice est une méthode de torture, pratiquée sous le funeste règne de George Bush, a été déclaré en infraction des Conventions de Genève sur le droit international humanitaire, notamment les règles de protection des personnes en cas de conflit armé (soldats, blessés, prisonniers de guerre, civils et biens).

Depuis ta funeste investiture, toi l’enfant terrible des républicains, le monde entier retient son souffle. Tu as joué sur les mots et sur les peurs, tu as agité un épouvantail au lieu de brandir un programme. Un tissu de faux ennemis et de cibles montées de toute pièce pour cacher ta nudité intellectuelle et ton dénuement politique.”Avocat du diable”, tu ouvres les portes de l’enfer sans sourciller. Avec toi, n’importe quelle insanité politique reste possible, même la pire. Dans cette acception, tu es le premier ennemi de la sécurité américaine dont tu as fait ton violon d’Ingres. Ton slogan de campagne”Make America Great Again!” (Redonner à l’Amérique sa grandeur), autrement dit “l’Amérique d’abord“, comme tu aimes brailler à tout bout de champ, recèle des velléités à la fois impérialistes et isolationnistes. Tu ne veux pas d’une Amérique partenaire mais d’une Amérique “maître du monde”, obéie au doigt, à l’œil, une Amérique isolée et honnie. Ton leitmotiv n’est plus qu’une fuite en avant, un écran de fumée.

Personnage atypique, insaisissable et imprévisible, tu adores prendre tout le monde à contre-pied, partisans et adversaires. Tes pitoyables sorties médiatiques sur les femmes, les médias, la migration, le terrorisme, les armes, l’environnement et la politique extérieure font encore froid au dos. En un mot : une politique à coups de fusil. En véritable cow-boy d’opéra, lasso à la main et revolver à l’autre, tu comptes rétablir la puissance militaire américaine absolue, jouer les gros bras, sur un ton de menace à peine voilé.

Tous les membres des Nations Unies, en particulier ceux des “pays de merde”, ne reviennent pas encore de tes pamphlets incendiaires à la tribune onusienne en Septembre 2017. Pour ta première apparition devant l’Assemblée Générale des Nations Unis, tu as fait un tabac, en adressant les pires messages à l’opinion publique internationale. Tu en as fait trembler les fondations de l’auguste maison  en prononçant, à la tribune onusienne, un discours guerrier, haineux, ponctué de menaces , dans un langage au vitriol, multipliant les défis à l’encontre de la communauté internationale. Ton premier discours  est taillé dans la même veine que tes précédentes  et non moins fracassantes interventions, à savoir outrancières, incohérentes et égocentriques. Ton populisme à deux sous, qui a certes été une lame de fond électorale, ne peut constituer un levier ni pour gouverner ni  pour s’adresser au monde. ta politique extérieure est à ton image, lunatique, impulsive, versatile, imprévisible et compulsive.

Ton dernier fait d’arme, avant de qualifier les “pays de merde”, a mis à nu le hideux visage foncièrement sioniste des Etats Unis, en annonçant, d’une manière unilatérale, ta décision de faire d’El Qods la capitale de l’entité sioniste. Il s’agit avant tout d’une déclaration de guerre contre tous les musulmans et d’un acte de démonstration de force, bafouant aussi bien le droit international et la Charte des Nations Unies que le consensus mondial et la tradition diplomatique américaine sur la question d’El Qods. Par ton vagabondage diplomatique et géopolitique, Washington, qui s’est toujours démené pour sauver la face et se montrer en posture crédible, à égale distance avec les parties en conflit, n’est plus de facto le parrain du processus de paix mais un partenaire partial et partisan, complice de l’entité sioniste. Tu as  démontré par les faits, preuve à l’appui, que l’Administration américaine a toujours été au service des intérêts sionistes dans la région.

Aux Etats-Unis, ta mauvaise santé mentale, ton indigence intellectuelle et ton incapacité politique, outre les accusations d’agressions sexuelles et la multitude de procès en cours à ton encontre, constituent autant de glaives sur ton cous dans la mesure où tu es dans la ligne de mire de ses détracteurs, dont la perspective est de lancer une procédure de destitution, “impeachment” dans le jargon politique américain.  Tu as toujours dit “J’adore le charbon” et bien,  le charbon te le rend bien.

Je voudrais préciser que mes propos ne s’adressent qu’à ta sulfureuse et irascible personne à  tes faucons noirs, ténors de la Maison Blanche, théoriciens de la suprématie américaine et porteurs d’eau aux moulins de tes lubies hors-norme, inclassables, ainsi qu’aux  prédateurs sionistes. Je n’ai sans aucun grief ou dédain à l’égard de la population américaine.

Depuis ton investiture, tu restes tout aussi fracassant et atypique que lors de ta campagne électorale, tu frappes vite, fort et dur comme pour marquer non seulement ton territoire mais également les esprits. Tout ton programme, si d’aventure programme il y a, tient en un seul mot : détruire l’héritage Barack Obama. Tu as inauguré ton mandat présidentiel en prenant, dans la précipitation, des mesures chocs à forte charge symbolique, juste pour enterrer vivant  ton prédécesseur.

Chaque fois où tu ouvres la bouche est une journée à marquer d’une pierre noire. Tu as oublié que chaque individu, quelle qu’en soient la race ou l’origine, dispose d’une certaine valeur, voire d’une valeur certaine et que chaque pays, aussi démuni soit-il, apporte sa fleur au bouquet de l’humanité qui n’est riche que par sa diversité et qui ne progresse que par le génie de ses hommes, tous ses hommes sans exception et sans exclusive. Je termine par autre citation de Charles Maurice de Talleyrand, qui te va comme un gant : ” Tout ce qui est excessif est insignifiant”.

Je ne te salue pas !

Signé: un ressortissant d’un “pays de merde” qui t’envoie aux latrines de l’Histoire.

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