Monde

Position de la Russie par rapport aux événements actuels dans le monde

Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères s’est exprimée, le 2 novembre 2017, par rapport les événements actuels dans le monde

Sur l’évolution de la situation en Syrie

Les tendances positives se renforcent dans l’évolution de la situation en Syrie et autour. L’élimination du foyer du terrorisme international sur le sol syrien touche à sa fin avec un rôle clef des forces armées russes. Moscou continue d’apporter son soutien à Damas dans la stabilisation de la situation militaro-politique et pour la création d’une atmosphère favorable dans la société syrienne afin de surmonter politiquement les conséquences de la longue crise intérieure et du conflit armé.

En ce qui concerne l’initiative avancée par la Russie de réunir le Congrès du dialogue national syrien, elle est en phase active d’élaboration. Nous vous informerons par la suite des détails de cette activité, de sa date et des participants attendus.

Les délégués du Congrès auront la tâche difficile de poser les fondements pour rétablir l’unité de toutes les composantes ethno-confessionnelles et politiques de la société syrienne, de ses institutions traditionnelles. Les simples Syriens doivent se joindre aux efforts pour rétablir la vie politique normale dans le pays, pour définir les contours de l’ordre étatique.

Nous sommes convaincus que le Congrès du dialogue national syrien pourrait contribuer à l’application pratique des termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies sur le processus de paix en Syrie, aider à faire avancer les négociations sous l’égide de l’Onu à Genève.

La lutte contre les terroristes en Syrie se poursuit. Un attentat a été récemment empêché à Lattaquié, où 50 kg d’explosifs ont été découverts dans une voiture lors d’une fouille à l’entrée de la ville.

Dans le quartier Jobar, à l’est de Damas, les terroristes du groupe Faylaq al-Rahman – allié à Nosra – ont fait exploser un tunnel où se trouvaient des militaires syriens. Plus de 15 soldats ont été tués. La veille, les terroristes ont bombardé au mortier la banlieue Harasta de la capitale. Les quartiers Chagour et Abbasine de Damas ont également été bombardés. Les obus tirés par les terroristes contre l’école de Jisrine à l’ouest de Damas ont fait six morts parmi les élèves.

Un calme relatif s’est établi au sud de Damas après plusieurs jours de combats acharnés entre Daech, qui contrôle une grande partie du camp palestinien de Yarmouk, et les combattants du Hamas. Cela a permis au Croissant-rouge syrien d’acheminer une aide alimentaire vers le camp et les quartiers voisins Babila et Beit Sahm. Mais le convoi d’aide humanitaire suivant de l’Onu a dû être stoppé à cause de la reprise de fusillades sporadiques.

A l’est du pays, les forces gouvernementales ont poursuivi la libération des derniers quartiers de Deir ez-Zor occupés par Daech. Les quartiers Hadvija Sakr et la zone industrielle à l’est de la ville ont été complètement libérés, tout comme l’île de Sakr sur l’Euphrate.

L’armée syrienne a élargi la zone de contrôle autour de la station de pompage de pétrole T-2 qu’elle contrôle au sud-est de la province de Deir ez-Zor. L’offensive de l’armée syrienne contre le dernier bastion de Daech dans la province, la ville d’Abou Kemal, devrait se dérouler en parallèle avec l’avancée de l’armée irakienne sur le territoire de l’Irak vers le passage frontalier d’al-Qaim. De notre côté, nous saluons la coordination des forces irakiennes et syriennes dans la lutte contre les terroristes dans les régions frontalières de l’Irak et de la Syrie.

Les Kurdes agissant à l’est de l’Euphrate ont annoncé la libération d’al-Bousseir au nord-est de Deir ez-Zor et la prise sous contrôle du deuxième plus grand champ pétrolier syrien: al-Tanak.

Les militaires russes continuent régulièrement d’apporter une aide humanitaire à la population syrienne. Depuis le début de l’opération de l’aviation russe en Syrie, les personnes dans le besoin ont reçu plus de 2 254,5 tonnes de cargaisons humanitaires.

L’association panrusse militaro-patriotique Iounarmia a recueilli 950 cartables avec des fournitures scolaires, qui ont été livrés par l’aviation de transport militaire russe en Syrie et remis aux enfants syriens en septembre 2017.

La société civile russe est également active. Nous vous informons souvent des actions et des démarches des ONG russes qui apportent une aide humanitaire à la population syrienne. Aujourd’hui, je voudrais parler des élèves de l’école 1238 de Moscou qui ont participé à l’aide humanitaire et ont rassemblé des fournitures scolaires pour les enfants syriens. Tout cela a été transmis aux écoliers syriens.

Depuis l’arrivée du contingent russe en Syrie, 178 établissements d’enseignement primaire et secondaire ainsi que 35 écoles maternelles ont été restaurés avec la participation des militaires russes. De plus, les représentants du Centre russe pour la réconciliation des belligérants en Syrie ont apporté une aide médicale à 380 enfants. 14 enfants ont été hospitalisés en Russie pour recevoir des soins.

Nous appelons tous ceux qui souhaitent sincèrement que la paix se rétablisse en Syrie à apporter un soutien actif aux Syriens dans la recherche de solutions au conflit et en envoyant une aide humanitaire supplémentaire dans les régions les plus touchées de ce pays.

Sur la situation au Soudan du Sud

Nous suivons attentivement l’évolution de la situation au Soudan du Sud. Il est évident que le conflit intérieur actuel au Soudan du Sud est le résultat logique du projet géopolitique américain de séparer le Soudan du Sud du Soudan. Désormais, la communauté internationale et africaine est aux prises avec un conflit intérieur interethnique dans le jeune État du Soudan du Sud, qu’il est très difficile de régler.

La crise militaro-politique et la violence qui perdurent au Soudan du Sud depuis décembre 2013 ont déjà entraîné des conséquences humanitaires graves: le nombre de déplacés internes s’élève à 3,4 millions de personnes, le nombre de réfugiés sud-soudanais dans les pays frontaliers atteint 2 millions de personnes, et presque 7,5 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence.

Nous sommes certains que ce ne sont pas les menaces de sanctions, traditionnellement proférées par les pays occidentaux à l’égard de Djouba, qui apporteront une paix durable au Soudan du Sud, mais le progrès dans le processus de paix. Dans ce contexte, nous comptons sur le succès du large Dialogue national initié par le Président Salva Kiir. Il est important qu’en même temps, l’opposition sud-soudanaise fasse des pas réciproques.

Nous soutenons les efforts de maintien de la paix de la communauté africaine, notamment de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en Afrique de l’Est pour assurer la paix, la stabilité et la sécurité au Soudan du Sud. Nous trouvons également utile l’initiative opportune de cette organisation d’organiser en décembre prochain un forum international pour relancer l’accord de paix signé par les parties sud-soudanaises en 2015.

Nous partons du fait que le déploiement de la Force de protection régionale qui a commencé au Soudan du Sud sous l’égide de l’organisation intergouvernementale mentionnée se déroulera en respectant la souveraineté du Soudan du Sud et les principes fondamentaux du maintien de la paix.

Sur la seconde mission d’affaires japonaise dans les Kouriles du Sud

Je voudrais vous informer des détails de la seconde mission d’affaires japonaise dans les Kouriles du Sud. Du 26 au 30 octobre s’est déroulée la seconde visite des représentants des services publics et des milieux d’affaires du Japon dans les Kouriles du Sud pour examiner la possibilité d’y mettre en place une activité économique conjointe. Je rappelle que le premier voyage avait eu lieu du 27 juin au 1er juillet 2017.

Au cours de la visite actuelle, l’accent principal a été mis sur l’analyse des solutions pratiques pour mettre en œuvre les projets conjoints de coopération dans cinq domaines approuvés par les dirigeants des deux pays à Vladivostok (mariculture, énergie éolienne, création de serres, recyclage des déchets, élaboration de voyages touristiques groupés). Une discussion substantielle a eu lieu sur chacun de ces domaines avec la participation des représentants des institutions publiques et des compagnies privées spécialisées des deux pays.

Une attention particulière a été accordée, pendant les discussions, aux paramètres commerciaux et techniques concrets d’une éventuelle coopération dans les domaines indiqués compte tenu de l’expérience accumulée des sujets économiques de la région de Sakhaline, ainsi que des projets russo-japonais réalisés dans d’autres régions de notre pays.

Nous notons les résultats positifs de la seconde étape de la mission d’affaires. Ils représentent un contenu solide pour une analyse conjointe et pour la poursuite du travail afin de mettre en œuvre les accords conclus au sommet sur la mise en place d’une activité économique conjointe dans les Kouriles du Sud. Désormais ce travail sera poursuivi dans deux groupes de travail pour les questions commerciales et logistiques, créés dans le cadre du principal format de négociations au niveau de vice-ministres des Affaires étrangères. D’ailleurs, aujourd’hui à Moscou se déroulent les réunions préparatoires des responsables de ces groupes du côté russe et japonais. Je suis prête à vous donner plus de détails si vous avez des questions.

Compte tenu de l’intérêt porté aux relations russo-japonaises, je voudrais dire qu’aujourd’hui le 2 novembre, pendant la visite du Directeur général du département Europe du Ministère des Affaires étrangères du Japon Yasushi  Masaki à Moscou, il s’est entretenu avec la directrice du Troisième Département Asie de notre Ministère Lioudmila Vorobieva pour évoquer les questions d’actualité des relations russo-japonaises, notamment le déroulement de la mise en œuvre de l’entente entre les dirigeants des deux pays sur le développement de la coopération dans les domaines pratiques et le calendrier des contacts politiques à venir.

Sur les nouvelles sanctions antirusses des USA

Malheureusement, nous allons maintenant parler des relations russo-américaines. Je dis “malheureusement”, parce qu’il n’y a pas de choses constructives à partager, malgré l’envie et la nécessité qui s’en fait sentir depuis longtemps. Les nouvelles sanctions américaines n’ont pas été une surprise pour nous. Je veux parler de la publication à Washington, jeudi 26 octobre, des “consignes” sur les restrictions contre nos entreprises de défense et nos services spéciaux et la “spécification” parue mardi 31 octobre concernant les conditions de participation à des projets internationaux pétroliers et gaziers dans lesquels des compagnies russes sont impliquées.

En fait, ces démarches changent peu de choses pour la Russie. Notre économie a appris depuis longtemps à travailler dans ces circonstances. De plus, nous en tirons un profit indéniable parce que cela a donné une puissante impulsion au développement de secteurs entiers de notre économie et que nous diversifions nos liens commerciaux. Tout cela ouvre certaines possibilités.

Malheureusement, les autorités américaines, au contraire, continuent de bloquer à leurs milieux d’affaires la possibilité de signer des transactions avantageuses et des contrats à long terme. Paradoxalement, les USA, qui se présentaient autrefois comme le modèle de l’économie de marché, rétrogradent de plus en plus vers des méthodes directives de gestion, sacrifient les intérêts des entreprises pour des raisons politiques, ce qui ne fait qu’empêcher la création de nouveaux emplois en Amérique et ralentit la croissance économique.

La ligne de Washington visant à poursuivre la dégradation des relations russo-américaines est également regrettable. C’est une politique à courte vue susceptible d’entraîner des conséquences négatives, y compris pour les USA eux-mêmes. Par exemple, nous sommes consternés par l’interdiction de coopérer avec nos services spéciaux qui porte atteinte à la possibilité d’une lutte conjointe contre le terrorisme.

Ce blocage de la coopération au niveau des services spéciaux paraît complètement déraisonnable sur fond de l’incursion sanglante d’un adepte de Daech à New York mardi 31 octobre. Vous le savez, elle a été organisée près du mémorial aux victimes de l’attentat du 11 septembre 2001. Nous compatissons sincèrement aux proches des victimes et des blessés, il n’y a pas d’autres mots que le soutien et la compassion. La société américaine devrait se demander pourquoi le Congrès américain, qui a adopté l’été dernier la loi antirusse sur la lutte contre les ennemis de l’Amérique par les sanctions, ne cherche pas les ennemis là où ils existent vraiment.

Nous espérons qu’avec le temps cette crise de russophobie s’arrêtera à Washington et que les autorités américaines prendront conscience du vice de la ligne visant la confrontation avec la Russie et de l’absence totale de perspectives de cette politique de pression sur nous. Plus vite cela passera, mieux ce sera pour nous tous.

Sur le blocage des publicités Twitter de Russia Today et de Sputnik

Vous le savez, une nouvelle audience s’est tenue hier au Conseil de la Fédération de l’Assemblée fédérale russe sur le refoulement de la chaîne Russia Today (RT) et de l’agence de presse Sputnik des États-Unis. Plus précisément, leurs comptes publicitaires sur la plate-forme Twitter ont été bloqués. Je voudrais revenir sur ce sujet. Vous le savez, l’interdiction a été décrétée jeudi 26 octobre par la compagnie-administratrice du service Twitter.

Membres de la communauté d’utilisateurs de ce réseau social, nous analysons attentivement les réactions à cette décision. Nous observons une augmentation du nombre d’utilisateurs mécontents qui ne comprennent pas les actions absurdes de cette compagnie. Il est indiqué à juste titre que les censeurs de ce réseau social préfèrent ignorer l’existence de centaines de comptes franchement extrémistes et fascistes pour exercer une pression sur les médias russes uniquement.

Nous avons noté également les déclarations des experts et des politiciens des USA et des pays d’Europe qui ont condamné la décision de la direction de Twitter, la qualifiant de nouvelle atteinte à la liberté d’expression, ainsi que de violation de la liberté d’entreprendre.

Je voudrais attirer votre attention sur une chose très importante. Ce sont les représentants de Twitter qui ont envoyé en 2016 au bureau de la chaîne russe RT une offre commerciale de coopération dans le secteur publicitaire pour une somme comprise entre 1,5 et 3,3 millions de dollars, tout cela avant puis en pleine campagne présidentielle aux USA. Confronté à la réticence de la chaîne russe à publier une publicité coûteuse, Twitter a été particulièrement insistant et a organisé une présentation pour les collaborateurs de RT. Mais même après cela, l’offre a été déclinée pour des raisons purement commerciales. Vous savez ce qui a suivi d’après le discours de la rédactrice en chef de la chaîne Margarita Simonian.

D’après nous, avec cette interdiction Twitter montre son inconsistance commerciale et sa dépendance totale envers la volonté de l’establishment des USA qui contrôle directement le processus de prise de décisions de cette compagnie, si nous comprenons bien à présent. Nous appelons tous les utilisateurs de ce réseau social à en tirer les conclusions compte tenu de cette situation. Aujourd’hui, Twitter interdit la publicité des médias russes, notamment de RT et de Sputnik, et demain, en suivant la conjoncture politique changeante, on pourrait proclamer “ennemis de l’Amérique” les médias ou les entreprises d’autres pays collaborant avec Twitter. Même si, de la même manière que la chaîne RT, ils investissent de l’argent dans des campagnes publicitaires ou des projets conjoints. Pour leur propre argent, ils subiraient alors des frais en termes d’image.

Voici une autre observation. Selon Twitter, en 2016, la chaîne RT a dépensé 274 100 dollars pour la publicité sur ce réseau social. Alors que pendant la campagne présidentielle de 2016 – j’ai sélectionné quelques informations, vous pouvez me corriger si ce n’est pas le cas – les candidats ont reçu des dons pour des dizaines, voire des centaines de millions de dollars. D’où ma question: sur fond de chiffres aussi disproportionnés (même en arrondissant on compare tout de même 300 000 dollars et plusieurs centaines de millions de dollars) comment la chaîne russe a-t-elle pu s’ingérer dans les élections et avoir une quelconque influence sur leurs résultats?

Nous percevons cette décision dans le contexte des tentatives continues de l’administration américaine d’éliminer une ressource d’information alternative défavorable pour plusieurs milieux politiques. Pour nous, l’intention des autorités américaines d’inscrire ces médias russes sur la liste des agents étrangers est dans le même registre. L’analyse de cette liste montre qu’elle inclut actuellement les compagnies qui ne fabriquent pas un produit médiatique à 100% mais font essentiellement de la réécriture d’information ou du lobbying d’intérêts ou encore d’autres services liés à la communication.

La liberté d’expression a toujours été une valeur fondamentale pour les USA. On espère que ce ne sont pas des paroles en l’air, même si nous constatons le contraire.

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