Tunisie – Le scandale Mohamed Ben Salem, ou l’art de faire porter le chapeau aux autres

S’il y a une histoire qui a fait le buzz la nuit dernière sur le net, c’est bien celle de Mohamed Ben Salem le ministre de l’agriculture, pris en « flagrant délit » de vacances, de relaxation, de flânerie dans un palace de la côte de Hammamet accompagné de tout son clan.

Les citoyens qui l’avaient apostrophé lui en voulaient parce qu’ils voyaient qu’il se permettait de dilapider l’argent du peuple et se permettait le luxe de vacances dorées alors même que le commun des mortels, en Tunisie, suait pour pouvoir survivre et faire survivre ses enfants. Ils lui en voulaient parce qu’il se permettait une pause de nonchalance et de quiétude au soleil, alors que le pays est à feu et à sang, et que nos soldats se font canarder par des terroristes dans les montagnes, alors que le tunisien restait cloîtré chez lui et n’osait plus mettre le nez dehors, de peur de tomber sur un terroriste qui aurait la fâcheuse idée de lui balancer son pétard à la figure.

C’est qu’il faut vraiment être super culotté pour se permettre de telles vacances en de telles circonstances, et que notre super ministre s’est fait avoir et de belle manière, et qu’il risque de devoir rendre des comptes en haut lieu, entendre par là Montplaisir, pour avoir occasionné un tel grabuge, au moment où Ennahdha en avait le moins besoin, et où elle avait intérêt à se tenir à carreau, en attendant le passage de l’orage.

Alors, comment pourrait-il faire pour s’en sortir ? Où va-t-il pouvoir trouver la diversion ? Qui va pouvoir porter le chapeau à sa place ?

Et comme un hasard ne vient jamais seul, le hasard qui a fait découvrir aux gens sa luxueuse retraite pour des vacances bien méritées, a fait aussi qu’au même moment, un certain ex-ministre de Ben Ali se trouvait de passage dans le même hôtel, et qui de surcroit, n’est autre que le gendre du propriétaire. Alors, du coup, c’était là l’occasion inespérée, celle de sortir de la peau d’un responsable qui se la coule douce en période de disette, et qui se permet des vacances au prix fort, pour se mettre dans celle du responsable qui aura été invité par un ex-responsable politique en quête de rachat.

Du coup, plus personne ne parle plus des frasques de Ben Salem, et tout le monde jase à propos de l’ex responsable et d’une éventuelle ristourne qu’il devait au ministre en contrepartie de sa libération de prison. Sachant que l’ancien responsable en question avait été blanchi par la justice après avoir néanmoins passé des mois et des mois en prison, sans aucune raison valable. Ce qui voudrait dire que dans le cas d’espèce, ce seraient les responsables d’Ennahdha qui lui devraient des dédommagements, et non le contraire.

Ce dérivatif a immédiatement été lancé sur la toile par des pages à la loyauté connue pour certaines parties, et où la certains tunisiens sont tombés la tête la première, pour innocenter le pauvre Mohamed Ben Salem et charger quelqu’un d’autre à sa place.

De toutes les façons, et vu le résultat, on ne peut que tirer le chapeau à Mohamed Ben Salem, ou à celui qui a eu cette brillante idée, pour cette habile manœuvre d’esquive, qui lui aura permis de faire d’une pierre deux coups, il se paie des vacances tranquilles, sans que plus personne ne vienne l’embêter, et il se permet de charger quelqu’un d’autre pour qui il ne peut vouer que rancune, et qui aura commis la bêtise d’être au mauvais endroit au mauvais moment.

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