Tunisie – qui veut miner la fac, pour quels enjeux ?

Ce qui se passe ces derniers jours dans les différentes facultés et autres campus du pays est bien plus grave que ne seraient amenées certaines gens à croire.

Il ne s’agit point de simples querelles entre groupes rivaux ou d’idéologies opposées. Il ne s’agit pas, non plus, de bagarres vides de sens, pour se créer des prétextes, comme seraient enclins certains à le penser.

Il s’agit en fait d’une vraie guerre d’influence pour assurer une mainmise sur les facultés tunisiennes.

La bipolarité au sein des facultés a toujours existé en Tunisie. Elle opposait les activistes parmi les étudiants, qui se clivaient en pôle de droite et pôle de gauche, et s’affrontaient entre eux à longueur d’année universitaire.

Cet affrontement était quelque part, fertile et a permis de faire éclore une jeunesse, éduquée et cultivée qui a su s’imposer des générations durant, contrairement à ce que certains leaders politiques tunisiens ont eu l’audace de nier.

En effets, messieurs les « dignitaires » l’université en Tunisie, n’a jamais cessé de produire des jeunes « responsabilisés », et le produit de nos facultés n’a jamais été un rebût de la société qui peuplait les cafés. Demandez à vos prédécesseurs, ils vous raconteront comment ils ont en fait les frais.

C’est donc, conscients de l’importance de l’enjeu dans la course à la domination des conseils des facultés, que les dirigeants des formations politiques du pays qui s’entredéchirent pour s’accaparer de plus grosses « portions » de la tarte, misent beaucoup de moyens et d’espoir dans leur conquête.

Les élections de l’année dernière ont abouti à un camouflet pour les jeunes protégés d’Ennahdha. Il est donc impératif pour eux, et sous l’impulsion de leurs ainés, puisqu’ils ne s’en sortent pas tous seuls, de reprendre les choses en main avant les prochaines échéances.

Car, qui met son emprise sur la faculté, maîtrise toute la population ! Et ceci à double titre, d’un côté, cela permettrait de forger la pépinière qu’on veut pour prendre la suite et assurer sa « postérité », et d’un autre côté, sachant que dans chaque famille tunisienne on compte, en moyenne, deux étudiants, un jeune bien endoctriné fera un excellent relais auprès dans son propre foyer, permettant ainsi une action « en tâche d’huile ». Et par ces temps de « pseudo » campagne politique dans le pays, il est plus qu’opportun de recruter un maximum de « doigts bleus ».

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