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Tunisie – Un Open gov. à la sauce tunisienne

Tunisie – Un Open gov. à la sauce tunisienne

Les évènements des derniers jours démontrent à quel point, si besoin est, le citoyen peut être de par sa vigilance, le meilleur garant contre les dérives qui sont tentées par les gouvernants à tous les niveaux.

Ainsi, et en l’espace de quelques heures, la vigilance du citoyen, et surtout, l’honnêteté de certains représentants du peuples, ont pu « déjouer » et étaler au grand jour, des projets ou des actes qui étaient préparés sous silence par différents décideurs aux différents niveaux de l’Etat.

Au début, il y a eu le « scandale » des malversations entourant les indemnisations des députés de l’ANC, et leur effet rétroactif, dévoilé par le député du Watad Mongi Rahoui, avec ce que l’on sait de la tempête que ses déclarations avaient suscité sous le dôme de l’ANC. La polémique qui suivit au niveau des médias et des réseaux sociaux a motivé le recul de la direction de l’assemblée et l’annulation de l’effet rétroactif de ces indemnisations.

Après, il y eut l’affaire du gouverneur de Nabeul et ses largesses envers des ONG’s locales, affaire qui a été dévoilée par la députée Najla Bouriel. La reprise de cette affaire par les médias fera très probablement, revenir le gouvernorat sur ses décisions, ou du moins, le fera revoir ses calculs pour éviter de se placer sous le coup d’un éventuel questionnement.

Enfin, il y a eu la fameuse affaire du concours de recrutement des sergents de la garde nationale qui se basait en grande partie sur des questions d’éducation religieuse. La reprise de ce dossier par les réseaux sociaux a entrainé un tel tollé, que le ministre de l’intérieur décida d’ordonner une enquête pour déterminer les responsabilités dans cette affaire, et de refaire passer le concours.

Et les affaires semblables ne manquent certainement pas.

Si ces « affaires » démontrent quelque chose, c’est bien que le peuple tunisien a pris le pouvoir de contrôle des rouages de l’Etat, et ne semble pas le moins du monde disposé à lâcher ce pouvoir. Le tunisien revendique donc son droit de contrôler la marche des différents services vitaux du pays, et surtout les coups bas politiques et les malversations financières. Se faisant aider par les réseaux sociaux et par les sites d’information, le citoyen cherche l’information, la contrôle et la diffuse telle une trainée de poudre.

Du coup, le gouvernement et les différentes administrations se retrouvent de fait sous les projos du contrôle citoyen, ce qui le fait revoir assez souvent des décisions qui sont dénigrées par le peuple, et le fait appréhender la réaction de la rue, à chaque fois qu’il prépare un « coup fourré ».

Mais sur un autre plan, le gouvernement a appris à exploiter cette situation, en se plaisant à lancer des ballons d’essai, pour tester les réactions de la rue en lançant des « intox » sur les réseaux, quitte à démentir et même condamner après coup, en cas de réaction trop virulente de la part des citoyens.

En conclusion, le tunisien aura tout intérêt à maintenir sa vigilance et à suivre de très près ce qui se manigance dans les coulisses de l’Etat, dans une sorte de garde fou, pour se mettre à l’abri, un tant que soit peu, de surprises qui pourraient être assez désagréables.

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