Politique

Tunisie – VIDEO : Résumé du discours de BCE : Il a jeté un appât à Ennahdha et elle y a mordu à pleines dents

Le président de la République, Béji Caïed Essebsi a prononcé, ce lundi 13 août, un discours, pour commémorer la fête de la femme. Dans une suite d’idées et un cheminement de raisonnement dont lui seul a le secret, il a transformé cette allocution en un réquisitoire contre le parti Ennahdha et a démontré que cette formation est  islamiste et le restera, quoi que voudraient prétendre ses leaders.

En effet, dès qu’il a été question de pratiquer une autre lecture du Coran, leurs vieux démons sont sortis des ténèbres où ils s’efforçaient, depuis des années, de les enfermer et ont fait, avec assez de violence, un large étalage de leur seule et unique référence qui est extrémiste par excellence, de façon à démentir ce que prétendaient leurs leaders comme quoi, ils sont devenus un parti civique, qui a su séparer le religieux du politique.

Pour démontrer cela, BCE a prononcé, de mémoire, un discours consistant en une succession de points. Autant de coups de butoir dans le portail de la citadelle d’Ennahdha :

  • « C’est Ennahdha et ses alliés de la Troïka qui ont écrit et ratifié la nouvelle Constitution tunisienne, et nous ne faisons que l’appliquer, du mieux qu’on peut. Et c’est Ennahdha qui s’oppose aux premiers principes de la Constitution qui prône l’égalité des citoyens quel que soit leur sexe ».
  • « La Tunisie est, selon la Constitution, un pays moderniste civil, dont la seule référence est la Constitution, et ceux qui prétendent que notre référence est le Coran se trompent ! »
  • « Pour ceux qui prétendent que ce n’est pas de mes prérogatives de lancer une initiative comme celle de la COLIBE, je rappelle qu’en tant que président de la République, je suis LE président de l’Etat, et il est de mon devoir de veiller à l’application de la Constitution.
  • Les réserves émises par Ennahdha sur le rapport de la COLIBE, est en rapport avec l’égalité des sexes, notamment, en matière d’héritage. Ce qui est contraire à la Constitution qu’elle avait, elle-même, écrite.
  • Il n’est de secret pour personne qu’Ennahdha est un mouvement à référence religieuse et non civique. Mais vouloir contrecarrer les articles de la Constitution est illégal, car la Constitution est un texte obligataire, et il est impératif d’en respecter les dispositions.
  • Pour moi, la question de l’égalité dans l’héritage est tranchée, et je vais la transmettre comme projet de loi à l’ARP. Et à l’ARP, l’avis d’Ennahdha sera évident car tout le monde sait, depuis le vote de confiance en faveur du nouveau Ministre de l’Intérieur, que son bloc parlementaire a son mot à dire sous le dôme de l’ARP.

Ce discours a démontré, s’il en était besoin, l’extrême intelligence politique de BCE ! Car, en plus de la nature du piège qu’il a tendu aux islamistes, qui ont osé, ces derniers jours, le défier, il a choisi un timing fatal, où toutes les puissances mondiales ont, non seulement tourné le dos aux islamistes et aux frères musulmans, mais semblent déterminées à effacer l’erreur qu’elles ont commise en leur offrant le pouvoir dans les pays arabes en 2011 !

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