Les autorités judiciaires en Tunisie ont-elles peur des salafistes ?

Onze jeunes appartenant au courant salafiste ayant été arrêtés dans des affaires de violences à Jendouba, ont été relâché par le Juge d’instruction auprès du Tribunal de première instance de Jendouba. Deux personnes seulement des treize arrêtées ont été maintenues en détention.

Suite à cette décision, une vague de protestation a éclaté au sein des agents de l’ordre. Surtout que tous les prévenus ont été arrêtés en flagrant délit et en possession d’armes (des couteaux, des épées et des cocktails Molotov).

Les agents de la sécurité intérieure ont indiqué qu’ils sont déçus de la décision du Juge d’instruction vu l’effort consenti et le risque encouru durant l’arrestation de ces individus qui ont perpétré des actes de pillage et ont effrayé les habitants.

La décision du Juge d’instruction a aussi suscité l’indignation des habitants qui ont réclamé la protection de leurs vies et propriétés.

Rappelons que les forces de l’ordre se sont récemment déployées en collaboration avec des unités de l’armée nationale afin de lutter contre la violence dans la région de Jendouba et ses environs.

Un devoir national

Personne ne peut nier l’effort éminent fait par les agents de sécurité ces derniers jours afin de rétablir l’ordre surtout que les actes de vandalisme se sont multipliés suite à l’amnistie générale qui aurait contribué à la montée du taux de criminalité.

Plusieurs attaques ont été enregistrées à l’encontre des locaux et des cadres sécuritaires dans les différentes régions du pays.

Le syndicat des forces de la sécurité intérieure a affirmé à TunisieNumérique, que les agents du gouvernorat de Jendouba sont complètement déçus et ont considéré la décision du Juge d’instruction comme étant un “contre-effort” « Tout le monde sait que les agents effectuent leurs missions malgré les menaces et les agressions à leur encontre et puis on relâche ces criminels comme ça et tout simplement ?! Non seulement, ce fait représente un danger direct sur leurs vies puisque ça risque de tourner en règlements de comptes », selon un syndicaliste.

Des individus à antécédents judiciaires devenus salafistes !

11 personnes libérées , elles ont été arrêtées en flagrant délit et en possession d’armes. Mourad Abidi, chef de la commission des affaires professionnelles à la Fédération des syndicats des forces de sécurité intérieure, a indiqué que le Juge d’instruction au premier bureau du Tribunal de Jendouba n’a même pas examiné les armes saisies considérant qu’elles constituent une « épreuve insignifiante » et que personne ne peut les utiliser comme preuves à charge.

Ce groupe, assure notre interlocuteur s’est récemment rattaché au courant salafiste et a incité à la haine, à maintes reprises, les citoyens contre les agents de l’ordre et ce durant les prêches du vendredi.

Ne s’agit-il pas d’une dérive au niveau de la prise de position de la part de Gouvernement actuel? D’autant plus que certains agents de sécurité ont été l’objet de tentatives de meurtre de la part des individus qui ont été libérés, selon les déclarations de Abidi.

Absence de preuve ou peur d’une menace?

Ces décisions qui visent l’avortement des efforts des forces de l’ordre sont de nature à accentuer les violences dans le pays. Serait-il normal qu’un Tunisien arrêté avec un couteau, une épée ou un cocktail Molotov soit relâché pour « absence de la preuve » ?

Les observateurs, les agents de l’ordre ainsi que les syndicalistes attirent l’attention sur une possible peur ou une soumission de la part des autorités judiciaires «qu’elles reçoivent probablement des menaces les forçant à libérer ces salafistes ».

Menace d’une démission collective

Suite à la décision du Juge d’instruction, les agents de forces de l’ordre dans le gouvernorat de Jendouba ont menacé de présenter une démission collective.

Le procureur général de la Cour D’appel du Kef a émis, jeudi 21 juin 2012 un mandat de dépôt à l’encontre de ces 11 individus pour qu’ils soient incarcérés et ainsi calmer les esprits.

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