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Syrie : dissensions dans l’armée ?

Un habitant de Jisr al-Choughour réfugié en Turquie indique avoir vu des chars syriens s’affronter entre eux dimanche 12 juin lors de la prise de la ville. “Les soldats [syriens] sont divisés. Quatre chars ont fait défection et les chars ont commencé à tirer les uns sur les autres”, explique Abdullah, un Syrien de 35 ans, qui se trouvait dimanche à Jisr al-Choughour, et qui est entré clandestinement en Turquie pour chercher de la nourriture.

“Quand ils ont commencé à se tirer les uns sur les autres, je me suis enfui. Je ne sais pas s’ils ont détruit des ponts ou pas. Avant ça, personne n’avait tiré sur les ponts, c’est par là que les chars sont passés”, ajoute ce témoin de la prise de contrôle par l’armée syrienne de Jisr al-Choughour, ville située à une quarantaine de kilomètres de la frontière turque.

Les troupes syriennes “ont d’abord encerclé la ville avec les chars”“Ils ont commencé à tirer depuis l’extérieur, ils ont arrosé avec des mitrailleuses, ils ont utilisé des armes lourdes. Ils sont entrés, ils avaient dit qu’il y avait des hommes armés à l’intérieur, mais en fait il n’y avait personne. La ville était vide”, poursuit ce témoin, qui se présente sous le seul prénom d’emprunt d’Abdullah. Un autre réfugié syrien en Turquie, Ali, 27 ans, avait déjà fait état dimanche de conflits au sein de l’armée syrienne. “Il y a maintenant une séparation au sein de l’armée et un groupe essaie de protéger les gens : ils ont fait sauter deux ponts à Jisr al-Choughour”,avait déclaré le jeune homme, affirmant tenir son information de personnes ayant fui la ville le jour même. Abdullah a par ailleurs affirmé que des forces de sécurité syriennes sont arrivées “à 6 km de la frontière turque”.

“Ils ont brûlé les récoltes avec des munitions incendiaires, ils ont tué les chèvres, les vaches. Dans la ville, les épiceries, les supermarchés ont été pillés, il ne reste plus rien. Les portes sont défoncées”, a-t-il témoigné. “Ils ont bombardé la prison, l’ont détruite. Ils ont tiré sur les mosquées, ils ont tiré sur certaines maisons. Les bâtiments publics aussi ont été dévastés : l’état civil, la poste.” “Les habitants de Jisr al-Choughour et des alentours n’ont pas le droit d’aller ailleurs, vers une autre ville. Il y a des postes de contrôle sur les routes de Lattaquié, d’Alep. Les entrées et les sorties sont interdites. Ils arrêtent ceux qui veulent passer et on ne sait pas ce qu’il advient d’eux. Tout ça parce qu’on veut la liberté”, a ajouté ce témoin. Il explique que “les soldats n’ont pas approché les villages alaouites” [communauté à laquelle appartient le Président Bachar Al Assad]. “Ce sont les villages sunnites qu’ils ont attaqués. Les villages sunnites ont été détruits… Les gens, les enfants, sont sous la pluie, beaucoup sont tombés malades”, a-t-il dit.

Le principal groupe d’opposants syriens a annoncé dimanche que la répression a entraîné la mort de 1 300 civils et plus de 1 0000 arrestations depuis la mi-mars. Dans une déclaration traçant les grandes lignes d’une solution politique à la crise, le Comité de coordination nationale estime que le pouvoir doit être remis à l’armée et souhaite la tenue d’une conférence sous l’égide de la communauté internationale dans les six mois pour rédiger une nouvelle Constitution et “empêcher la Syrie de sombrer dans le chaos et garantir un transfert pacifique du pouvoir”.

Source : AFP + Reuters + lemonde.fr

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