Tunisie – BM : Le prêt de 500 MD serait une intox ?

La Tunisie suffoque en matière de trésorerie. Tous les clignotants sont au rouge. Une balance commerciale déficitaire, une industrie en panne sèche, un tourisme comateux, des investisseurs qui font la queue pour quitter le pays, une agriculture souffrante d’un climat peu clément et de main d’œuvre réticente… En plus de cette conjoncture catastrophique, sont venues s’ajouter les revendications sociales sans fin, les augmentations salariales qui n’en finissent pas, les demandes de réparation des « opprimés » de l’ancien régime… Tout ceci a saigné à blanc la trésorerie de l’Etat.

Les fonctionnaires en sont même venus à craindre une très prochaine incapacité de l’Etat de payer les salaires.

Dans ce tableau morose, la moindre source de liquidités est la bienvenue, qu’elle soit sous forme de don, ou de crédit ou même du fruit d’une « exposition vente » à l’allure d’un marché aux puces.

Et au beau milieu de cette sombre tourmente, on annonce la visite à Tunis d’un certain Jim Yong Kim, qui n’est pas moins que le président du groupe de la Banque Mondiale. On parle rapidement d’accord pour l’octroi par la structure financière, d’un prêt à la Tunisie. On calme même les craintes de certains quant à la garantie de non-ingérence de la BM dans les affaires tunisiennes. Bref, le gouvernement veut donner l’impression d’avoir réussi un coup de maître, celui d’avoir su négocier un important et vital « bol d’air » pour l’économie titubante du pays. Tant mieux auront dit certains, l’essentiel étant de pouvoir sortir de cette situation qui devenait on ne peut plus critique. Et bravo quad même pour ce gouvernement qui a su manœuvrer cette opération !

Mais voila, que le lendemain même de cette annonce victorieuse, faite sur les sites officiels du gouvernement, on se heurte à la dure réalité qui s’abat telle une douche froide, émanant de la bouche de Simon Gray, directeur de la Banque Mondiale pour le Maghreb, qui dément, dans un communiqué publié sur un journal de la place, qu’il y ait eu le moindre accord de prêt avec la BM : “La Banque Mondiale a bien discuté de possibilités de soutien budgétaire, mais nous sommes loin de l’accord sur quelque prêt que ce soit. Cela dépendra des résultats sur les programmes actuels de renforcement de l’environnement des affaires, de promotion de la transparence et de bonne gouvernance“, a-t-il déclaré !

Voila. Non seulement, il n’y a point eu d’accord, mais en plus, la BM insiste à imposer ses conditions et sa gouvernance sur la Tunisie qui se trouve, hélas, en position de faiblesse pour pouvoir négocier quoi que ce soit !

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