Politique

Tunisie – La carte de la stabilité

« On ne change pas une équipe qui gagne ». C’est l’angle de tir qu’a depuis quelques jours choisi l’équipe rapprochée de Youssef Chahed pour défendre son chef. Or, le bilan est assez maigre et il n’y a pas eu d’avancées remarquables sur les plans économique et social qui permettent de crier victoire ou même de parler d’une « équipe qui gagne ». Personne n’est dupe en effet : l’élite sait que les 2,5% de croissance annoncés sont gonflés et ne traduisent pas une croissance soutenable. Le petit peuple, lui, ces chiffres ne lui parlent pas. Par contre, la cherté de la vie, le chômage d’une jeunesse en perte de repères et une crise morale et des valeurs que lui renvoient en pleine figure les grilles ramadanesques de certaines chaînes tv , tout  ça, il le voie bien et il en souffre.

L’angle de tir est donc si mauvais et si médiocre qu’il est permis de croire que l’équipe qui en a fait le choix cherchait plus à se protéger et à préserver ses propres acquis plutôt qu’ à soutenir son chef ! Dans un mauvais réflexe de survie.

Il aurait plus futé en l’occurrence de tiller la fibre sensible des Tunisiens. Elite et petit peuple se rejoignent historiquement en un point. Le conformisme et la crainte du changement sont ce point et ce lieu de convergence. Il aurait fallu opter pour cet angle de tir en tenant en toute sérénité un langage de vérité, un langage positif : Certes le bilan n’est pas brillant, loin s’en faut. Mais un changement de cette envergure à quelques mois des élections législatives et présidentielles est inopportun et inutile. Périlleux même.  Nous sommes tous responsables à des degrés divers de la situation de crise que vit notre pays. La responsabilité pèse surtout sur les partis politiques et bien sûr la Centrale syndicale qui ont glorifié le populisme, permis au peuple de bafouer l’autorité de l’État et érigé les sit-in, le tribalisme, et surtout les grèves  en une nouvelle culture.

Un langage positif finement doublé d’un petit avertissement : au point où se trouve l’économie du pays actuellement, changer de chef d’équipe, c’est prendre le risque très sérieux de se départir d’un borgne pour le remplacer par un aveugle !!!

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