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Que cachent les évènements du centre et du sud-ouest de la Tunisie ?

Depuis le matin du mercredi 23 novembre 2011, le centre-ouest du pays s’est de nouveau enflammé. Les habitants de Kasserine, écœurés que leurs nombreux martyrs aient été oubliés par les membres de l’Assemblée Constituante, ont manifesté violemment leur mécontentement. L’armée et la police ont permis de limiter les dégâts occasionnés.

Dans le même temps, les familles et alliés des martyrs de Thala ont également manifesté contre le même oubli concernant les vies données. Ils sont allés brûler le district de la garde nationale et ont été bloqués devant le siège de la Délégation par l’armée qui a dû tirer en l’air afin de disperser les manifestants.

Également, Om Larayes, dans les environs de Gafsa, a connu une période de grande violence. La Compagnie des Phosphates avait organisé un concours de recrutement. Des fuites sur les résultats auraient filtré et des manifestants se sont rendus au poste de police qu’ils ont incendié. Ils ont fait subir le même sort à la recette des Finances. Les manifestants se sont alors dirigés vers un dépôt d’explosifs situés aux abords de la ville. Ce dernier a été entièrement sécurisé par l’armée.

Kasserine, Thala, Gafsa, autant de villes qui ont payé un lourd tribut à la Révolution tunisienne. Comment peuvent s’expliquer des réactions d’une telle violence ?

Un politique tunisien ne s’est empressé de tenter de résoudre. La colère semble malheureusement légitime.

Les évènements de Om Larayes sont de nature différente. En effet, la région est majoritairement tributaire du Groupe Chimique Tunisien (GCT) et de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG). Ces entreprises, appartenant à l’Etat tunisien, sont les premiers employeurs de la zone. Il a existé durant les dizaines d’années qui ont précédé des avantages accordés à certains villages plus qu’à d’autres. Nous nous retrouvons dans une situation de guerre « tribale ». La moindre information d’embauche dans l’un ou l’autre clan, soit-elle sujette à caution, génère immédiatement des violences physiques tant entre individus que contre les symboles de l’administration centrale et, plus particulièrement, de la police. Ce fut le cas aujourd’hui.

Le constat global reste cependant le même. Ces régions n’ont pas bénéficié de l’évolution des zones littorales et leurs populations sont particulièrement sensibles à tout ce qui peut toucher à leur intégrité.

La remise au travail pleine et entière de la Tunisie ne pourra se faire sans le développement prioritaire des zones de l’ouest de la Tunisie du nord au sud. La sécurité du pays ne pourra se finaliser qu’en désenclavant ces régions qui sont des éléments à part entière de notre pays.

Messieurs les politiques ne les oubliez pas !

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