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La grève en Tunisie touche aussi les statistiques !

Plusieurs grands responsables de l’Institut National de la Statistique (INS) implorent l’aide du Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi pour mettre fin à une situation de blocage inextricable qui dure depuis un mois.

Situation inacceptable pour le premier organisme officiel tunisien qui fournit les chiffres et les données clés aux acteurs tunisiens et investisseurs étrangers, nécessaires pour le bon fonctionnement de l’économie. Son rôle est crucial dans cette période difficile que traverse actuellement la Tunisie.

Nous reproduisons ci-dessous le texte intégral de la lettre adressée au Premier ministre et signée par : MM. Mustapha Bouzayene (directeur central de l’Observatoire de la conjoncture économique), Ali Bouzayeni (directeur central des statistiques d’entreprises), Med Néjib M’rad (directeur central des statistiques régionales), Mme Mouna Zgolli (directeur central de la coordination, la diffusion et l’informatique) et Adel Souidène (directeur central de la comptabilité nationale) :

Monsieur le Premier ministre

Depuis le mardi 5 juillet 2011, les portes des services centraux de l’Institut national de la statistique, ainsi que celles de certaines antennes régionales, sont scellées. L’ensemble de l’activité statistique de l’INS est paralysé : enquêtes, production d’indicateurs, diffusion…

Depuis bientôt un mois, des agents occasionnels employés périodiquement en majeure partie, comme agents de terrain dans les enquêtes menées par l’INS, ont pris possession des locaux et entravent, par la force, l’accès des fonctionnaires à leurs bureaux. Les revendications de ces agents occasionnels, quoique légitimes à certains égards, ne justifient en aucun cas la prise en otage du pôle national de la statistique publique et leur action ne représente nullement la position de la majorité des fonctionnaires de l’INS, contrairement aux slogans affichés par les grévistes.

En dépit de la proposition du Premier ministère de recruter et titulariser, à terme, dans le cadre de la loi 483 du 10 mai 2011, une partie de l’effectif concerné, la situation semble bloquée face à une radicalisation de la position syndicale. Cette situation qui tend à devenir conflictuelle, paraît s’inscrire dans la durée et risque d’entamer sérieusement la continuité des travaux courants de l’institution et la crédibilité des statistiques officielles, aussi bien au niveau national que par rapport aux engagements internationaux de la Tunisie.

Nous demandons, par conséquent, une intervention urgente du gouvernement afin d’assurer une reprise rapide des activités de l’Institut national de la statistique.

Nous vous prions d’agréer, monsieur le Premier ministre, l’expression de notre sincère considération.

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