Politique

Le discours de Macron par rapport à la Tunisie marquerait-il la fin de l’ère de l’islam politique ?

Le passage du président français par la tribune du sommet de la francophonie à Erevan  est édifiant à plus d’un titre. Il est rempli de messages, parfois explicites, de par les mots prononcés, et parfois, à peine voilés, pour ne nommer personne, en particulier.

Le vibrant hommage rendu par Macron depuis la tribune d’Erevan à Béji Caïed Essebsi, dépasse la personne et s’adresse plutôt, au rang politique du président de la Tunisie. Il fait l’éloge de la Tunisie non pas pour sa soi-disant, démocratie naissante, mais plutôt, pour la politique d’ouverture et de modernisme initiée par Bourguiba et poursuivie, en ce moment, contre vents et marées par son disciple, Béji Caïed Essebsi.

Le soutien promis par Macron, au nom de la communauté internationale, à la Tunisie ne rentre nullement dans le cadre d’un soutien à la démocratie, ni au salut de ce qu’il était convenu d’appeler l’Islam politique, ou modéré, voire, plus récemment, démocratique. Ce soutien est destiné à combattre, justement cet islam politique, que Macron n’a pas hésité de qualifier d’obscurantisme.

Il ne faut pas être hyper intelligent pour savoir qu’Emmanuel Macron, n’aurait jamais pu parler d’une telle manière et employer des termes aussi crus et directs, s’il n’y avait pas l’aval de la communauté internationale derrière lui  et une sorte de consensus qui a fait virer la barre de la géostratégie politique dans la région à 180 degrés.

Donc, Macron et derrière lui la communauté internationale, et certainement, le consentement, voire l’impulsion de la Maison Blanche, ne soutient plus la démocratie naissante, ni les islamistes modérés de la Tunisie, mais il soutient la Tunisie francophone, moderne ouverte à l’occident et exemplaire en matière, notamment des droits de la femme. La Tunisie à la Bourguiba, la Tunisie à la Béji Caïed Essebsi. Alors que « les autres », ayant fait preuve d’un esprit résolument rétrograde et obscurantiste, mal camouflé par des annonces mensongères de démocratie et de modernisation, allant jusqu’au port du costume cravate qui avaient un certain moment été choisis pour gouverner « les pays du printemps arabe », se retrouvent relégués au rang de « secte » à combattre, de secte qui veut emprisonner tout un continent dans la « vision déformée d’une religion ».

En attendant des confirmations qui ne sauraient tarder, c’en est bien fini des frères et de leurs « représentations » dans les différents pays. Ils ont eu leur chance et ils l’ont gâchée. Et tant pis, non seulement, pour eux, mais aussi et surtout, pour ceux qui ont cru bien faire de les suivre et de s’allier à eux !

On dirait bien qu’une ère nouvelle s’annonce !

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