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L’Organisation mondiale de la santé en crise

Frappée par la diminution des contributions volontaires des pays, l’Organisation mondiale de la santé va supprimer 300 emplois sur 2 400.

Par des départs à la retraite, souvent anticipés, des contrats temporaires non renouvelés, mais aussi par des suppressions de poste, le siège de l’OMS aura rayé d’ici fin 2011 12,5 % de ses effectifs. La nouvelle n’est pas officielle, mais ne prend pas par surprise les employés de cette institution des Nations unies spécialisée dans la santé publique. Dans un communiqué remontant au 18 mai 2011, le représentant des associations du personnel révélait déjà que le personnel avait été informé “que les réductions actuelles des effectifs [étaient] nécessaires en raison de la crise financière”.

Le budget de l’OMS, qui court sur deux ans – 2012-2013 – sera de 3,96 milliards de dollars, et son déficit est estimé à plus de 300 millions de dollars pour 2011. En réalité l’Organisation mondiale de la santé vit la crise la plus grave depuis sa création en 1948.

Budget en baisse, image en berne

“Nos difficultés financières viennent en grande partie, d’une part, de la mauvaise tenue du dollar au début de l’année, alors que nos dépenses sont en franc suisse, une monnaie forte. D’autre part, en raison de la crise économique, le budget de l’OMS de 2012-2013 sera de 20 % plus bas que celui des deux dernières années”, ajoute Fadéla Chaib porte-parole de l’Organisation mondiale. Ce ne sont pas les contributions régulières qui chutent, mais les contributions volontaires des pays. Ainsi, pour l’exercice 2010-2011, le budget total de l’OMS atteignait 4,5 milliards de dollars, dont 1,6 milliard provenait des contributions volontaires. Toutefois, l’OMS, longtemps présentée comme “le joyau de la couronne des organisations internationales” ne souffre pas que de difficultés de financement. Son image a été très écornée, en particulier par sa mauvaise gestion de la pandémie de grippe A (H1N1).

Conflits d’intérêt

L’OMS a été accusée d’être sous l’influence de l’industrie pharmaceutique. Celle-ci aurait incité l’organisation internationale à surréagir à la pandémie grippale de 2009-2010. Par ailleurs, une polémique a éclaté en janvier 2011 avec la nomination du Suisse Paul Herrling comme expert de l’OMS, alors que celui-ci est directeur de la recherche chez Novartis, le puissant groupe pharmaceutique suisse…

Dans le communiqué du 18 mai, le représentant des associations du personnel de l’OMS veut “être sûr que les cadres de haut niveau seront tenus pour responsables si nous ne sommes pas en mesure de prévoir la crise et de protéger l’organisation”. Visiblement, les fonctionnaires internationaux n’ont pas leurs langues dans leurs poches à Genève.

Source : Le Point.fr

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