Politique

Portrait caricatural : Hamma Hammami, porte-parole des béni-non-non !

Commençons par une anecdote, piquée aux réseaux sociaux : La seule fois où Hamma Hammami (HH) a dit “OUI” c’était, à la mairie, lors de l’établissement de son contrat de mariage. Sinon il ne respire et ne se retrouve que dans la négation systématique, élevant le “NON” au rang de stratégie politique. Tout son programme se réduit à ce terme. Lui arracher un “OUI” ?! Que nenni ! Ce serait sur son cadavre !! Un vrai cas de Casus belli, soit une situation pouvant entraîner un conflit. Il fait la politique comme on va à la guerre, vaincre ou mourir. Quelque part, la logique de tout ou rien  structure la réflexion du Front Populaire (FP), en particulier son porte-parole, lequel n’a pas su ou pu ou voulu sortir de ses sentiers battus et de ses lieux communs pour approcher la politique d’une manière plus pragmatique et moins clivée, sans manichéisme.

HH n’aime ni dialoguer ni gouverner, encore moins négocier, tout juste tirer à boulets rouges (c’est le cas de le dire) sur tout et rien. La “Pravda” dans tous ses états. Il manie mieux le bois vert, contre ses adversaires, et la langue de bois, à l’endroit de ses partisans. Il fait feu de tout bois pour des broutilles. Il semble qu’il n’a pas pris conscience qu’il ne cesse de brasser de l’air et se démène à emplâtrer quelques jambes de bois. Quant à son discours, remâché, ressassé, récursif, comparable à un disque rayé, ce n’est qu’un chèque en bois. A trop l’entendre, on a la gueule de bois, et encore sans vin ni ivresse. Dans le festin politique, il ne récolte que des miettes, mangeant toujours avec les chevaux en bois. Tout compte fait, et à ce titre, Hamma a raté une grande carrière d’ébéniste, il aurait fait un chef menuisier de première classe. Il ne serait pas interdit de dire qu’il a raté sa vocation !

HH, porte-parole des béni-non-non, reste un opposant dans l’âme, ennemi de toute idée de compromis ou de consensus, voire même de progression. Chez lui, la pensée est radieuse quand elle est figée. Il s’oppose juste pour s’opposer. En quelque sorte, la culture de renfermement et d’inertie en lieu et place de la culture de participation. A croire qu’il n’a pas encore assimilé le nouveau contexte démocratique tunisien. Droit dans ses bottes, il a tout compris : pour éviter les faux pas, rien de mieux que de rester immobile, figé sans mouvement.  Juste brailler “NON”  et ne rien faire, ne rien proposer, comme ça aucun risque d’erreur ou de maladresse. Toute la stratégie se limite à répéter “NON” ad vitam æternam (jusqu’à la fin des temps), à tort, à travers ou à raison, ad nauseam (jusqu’à la nausée). Scrutez les yeux de Hamma quand il assène “NON”, ça pétille, ça frétille, ça savoure comme jamais.

Chaque fois que HH est présent dans un plateau télé ou radio, tout le monde zappe, quiconque sait à l’avance ce qu’il va dire, convaincu qu’il ne manquera pas l’occasion de rabattre les oreilles de la même rengaine, sa sempiternelle litanie, usée jusqu’à la corde, et de perforer les tampons de son fusil verbal crachant les clichés, les poncifs et autres stéréotypes, à faire attraper la déprime aux quelques rares vaillants auditeurs s’aventurant à l’écouter. Hamma le flingueur adore dégainer mais, par moments, pour se tirer une balle dans le pied croyant trouer la peau de sa cible. Il n’a pas d’arguments mais d’invectives, n’est plus dans l’opposition mais dans l’hostilité, ne se comporte pas en adversaire politique mais en ennemi idéologique. Il ne communique pas, il fait cavalier seul.

La Tunisie grouille de sympathisants du FP mais rares qui franchissent le pas, en raison de son  discours de négation et sa propension à tout rejeter en bloc. Rien ne plait aux cadors du FP, en premier HH, qui, à lui tout seul, cristallise le refus d’une large partie de l’élite tunisienne de rejoindre le FP et d’en grossir les rangs. Il n’est pas interdit de dire que HH a fait une OPA sur le FP. Il s’en est longtemps cru la principale pierre angulaire alors qu’en fait, il s’est avéré la pierre d’achoppement. Aux coulisses de la “Jabha”, on évoque Hamma beaucoup plus comme une source de blocage et d’érosion que comme un homme d’union et de rassemblement. Des voix dissidentes, au sein même du FP, en ont parlé sur la place publique (le cas de Mongi Rahoui n’est pas unique). D’autres, en catimini, dressent les mêmes constats et développent les mêmes arguments.

Ceci dit, personne ne remet en cause le parcours militant de HH ni ses traversées de désert, entre prison et clandestinité. Sur ce plan, aucune surenchère, ou démagogie, n’est recevable. Il était de tous les combats sous la dictature déchue. Aucun doute. Le problème avec Hamma c’est qu’il n’a pas su quitter sa tunique d’éternel opposant, pur et dur,  surtout après Janvier 2011, pour faire la politique autrement, avec le pragmatisme et la souplesse que cela suppose. Tout refuser creuse la distance entre le FP et son potentiel électorat. Et le gisement est riche et significatif, sauf pour ceux accusant une myopie politique. Et comme disait l’homme d’Etat français TalleyrandPérigord : “Tout ce qui excessif est insignifiant”

Hamma Hammami ou le NON ce rouge !!

Sans rancune !

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