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Tunisie – L’administration tunisienne toujours hermétique aux nouvelles technologies ?

Parmi les nouveautés engagées par le gouvernement pour faciliter aussi bien la vie du citoyen que celle de l’administration, il y a eu l’instauration de la possibilité d’obtenir en ligne certains documents, entre autres, les extraits des registres du commerce. Ce document peut être obtenu en ligne en eux minutes, moyennant le payement, toujours en ligne, de la somme de dix dinars. Ce procédé entrant dans la mise en œuvre du plan stratégique de « Tunisie Numérique 2020 »

Or, ce document digital demeure non recevable pour la plupart des administrations, y compris les services de la police. Ces administrations exigeant la présence d’un cachet manuel sur ces justificatifs. Or, légalement, il est impossible d’apposer un cachet manuel sur un document portant déjà un cachet électronique.

Donc au final, au lieu de simplifier la vie des gens, on dirait bien que le passage au numérique en Tunisie, a été fait pour la leur rendre impossible, devant la réticence de nombreuses administrations à accepter de composer avec ces nouvelles méthodes. La rédaction de Tunisienumerique, a eu un entretien avec M. Mohsen Daly, inspecteur au ministère de la justice et membre de la Commission du registre du commerce, qui a expliqué que depuis le 26 juillet dernier, la présidence du gouvernement a publié un décret obligeant toutes les administrations à accepter les cachets électroniques et indiqué la façon de les reconnaître. Or, a déploré notre interlocuteur, ces nouvelles technologies restent boudées par les administrations qui n’en ont pas encore acquis l’habitude, demeurant emmurées dans les méthodes ancestrales des documents papiers et des cachets en encre bleue.

M. Daly a appelé tout le monde, les médias en premier, à renforcer les messages et les spots à l’attention des fonctionnaires pour leur faire comprendre le fonctionnement de ce système et l’obligation pour notre pays de se mettre au diapason des nouvelles technologies informatiques. Il a aussi suggéré que les administrations organisent des sessions de formation au profit de leurs fonctionnaires pour les initier à ces nouvelles méthodes de travail.

Au final, il a conseillé aux usagers d’insister pour bénéficier de ces services modernes et de se munir, le cas échéant, de copies du décret du chef du gouvernement cité plus haut, pour convaincre les fonctionnaires de la nécessité d’accepter les documents extraits en ligne et portant les codes électroniques remplaçant les cachets traditionnels.

En conclusion, nous demeurons très, très loin de pouvoir accéder au 21ème siècle, avec une administration qui refuse de quitter les moyens et les méthodes ancestrales, devenues obsolètes à une époque où des puces électroniques sont implantées sous la peau des personnes et utilisées comme clef codée, ou carte électronique…

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