Tunisie – Premier test grandeur nature pour Youssef Chahed. Comment sera sa réponse ?

A peine installé, ou même pas, Youssef Chahed chef du gouvernement d’union nationale se trouve confronté à son premier test grandeur nature. Un test dont le timing, la férocité et les acteurs laissent présager qu’il ne s’agit nullement d’un hasard de « calendrier ».
Il avait, pourtant, juré ses grands dieux qu’il sera intransigeant face aux terroristes, comme face aux différents sit-inneurs qui vont oser, ne serait-ce que, gêner la production dans n’importe quel champ, de même qu’il avait juré de combattre par le fer et le feu, les corrompus de tous bords. Eh bien, le voilà servi. Ne dirait-on pas que, quelque part, certaines parties ont voulu lui répondre instantanément, histoire de le tester et de voir sa réaction ? Est-ce qu’elle sera à la hauteur de ses promesses ? Ou cherchera-t-il à mettre de l’eau dans son vin, et revenir, sagement, à la case des négociations « conciliantes » avec les fauteurs de troubles, et les empêcheurs de tourner en rond ?
Et pour avoir été servi, il l’a été, on ne peut plus royalement ? On dirait que celui ou ceux qui sont derrière les évènements qui ont secoué la Tunisie depuis l’heure où Youssef Chahed a été investi nouveau chef du gouvernement, ont tenu à répondre à la lettre aux promesses qu’il a tenu devant les représentants du peuple. Il a promis de combattre le terrorisme, et il a été servi. Il a menacé de mener la vie dure aux corrompus, Chawki Tabib lui a répliqué qu’il en a du pain sur la planche, et qu’il venait de transférer des centaines de dossiers à la justice, lui jetant la balle dans son camp. Enfin, il a juré qu’il ne laisserait personne gêner la machine économique et surtout, industrielle du pays, et il a démarré avec une production à zéro de phosphate.
Maintenant que la balle est dans son camp, Chahed doit savoir que la nation entière, et même, plus encore, le regarde et attend ses réactions. Et tout le monde commence à trouver que la réponse, en termes de délais de réaction, n’arrive pas à la hauteur des promesses. Pour le moment, Chahed s’est contenté de réunir son cabinet, et de mener ses troupes au palais de la présidence de Carthage, dans un geste, du reste, assez maladroit, puisqu’il a confirmé ce que beaucoup dénonçaient comme une main mise de BCE sur les cercles décisionnels exécutifs de l’Etat, dans ce qui a été qualifié de contournement de la constitution et de retour à un système politique présidentiel.
Mais au-delà de la forme, et du lieu, ce premier conseil des ministres a été, généralement, perçu comme anachronique et en dissonance avec les évènements sanglants que connait le pays, mettant en scène une classe dirigeante riante aux éclats et détendue, à la limite, euphorique, contrastant avec les images de désolation, de sang et de cendres qui ont dépeint les évènements de Kasserine. Même sur le plan résultats, ce conseil s’est limité, comme tant d’autres, à de vagues promesses, sans aucune réaction palpable et immédiate aux faits.
En attendant de voir la copie finale que rendra Chahed à son premier test, il est permis à tout le monde d’espérer et de… croiser les doigts !

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