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Tunisie: Révélations d’une repentie de Daech sur les pratiques de l’organisation terroriste

Tunisie: Révélations d’une repentie de Daech sur les pratiques de l’organisation terroriste

Une jeune fille tunisienne qui avait rejoint les rangs de Daech et enduré des entraînements dans les montagnes de Chaambi, Jebal Semmama et autres hauteurs, dans le sud-ouest du pays où des groupes terroristes sont actifs, a révélé les méthodes utilisées par ces djihadistes pour communiquer et former leurs futurs combattants.

A son arrestation, cette jeune fille a annoncé, lors une émission, jeudi soir sur la chaîne El Hiwar Ettounsi, avoir informer les forces sécuritaires de l’attaque terroriste de l’hôtel Impérial au port El Kantaoui de Sousse, avant son déroulement, mais n’a pas été prise au sérieux.

On rappelle que le 26 juin 2015, le terroriste Seifeddine Rezgui a commis un massacre à la station balnéaire du port El Kantaoui, tirant à la kalachnikov et faisant 39 morts et 39 blessés dont la majorité sont des touristes britanniques.

C’est après cet incident qu’elle a décidé de collaborer avec les sécuritaires et de leur dévoiler tout ce quelle savait sur les groupes terroristes et la mouvance extrémiste islamiste qu’elle avait côtoyé des années durant.

Grâce à cette collaboration, plusieurs attaques terroristes ont pu être évitées, dont l’attentat contre une ambassade à Tunis dont elle n’a pas révélé le nom et contre un policer.

Méthodes d’embrigadement

Ayant rejoint les groupes terroristes encore mineure, la jeune fille a été attirée graduellement à travers des méthodes douces jusqu’à se retrouver radicalisée sans s’en rendre compte.

Au départ,  on a commencé par les aspects vestimentaires en lui faisant porter un foulard  garant de son indépendance et de sa dignité, avant d’arriver au port du niqab ou voile intégral.

La seconde phase a consisté à renforcer sa foi en l’incitant à s’acquitter des autres piliers de l’Islam, notamment la prière .

Elle a mis l’accent sur le langage codé utilisé par les membres de Daech qui parlent des terroristes comme des “Frères” qu’il faut soutenir et avec lesquels il faut être solidaire “en priant pour leur triomphe en Syrie où ils subissent la répression d’un tyran”.

Ensuite, on l’a convaincue d’aller au front, sur les montages, pour s’initier au maniement des armes et apprendre à se déplacer ainsi qu’ à éviter les mines dont l’emplacement est marqué par des signes convenus (sachets, pierres,  croix et autres).

Durant sa formation, on lui a appris à déjouer les interrogatoires des policiers en fuyant la réponse aux questions à travers la digression sur d’autres sujets.

Les terroristes inculquent à leurs combattants des méthodes pour recruter et convaincre d’autres personnes en adoptant notamment des attitudes psychologiques consistants à regarder l’interlocuteur droit dans les yeux et autres gestuelles pour influencer les nouvelles recrues, a-t-elle ajouté.

Selon elle, les terroristes recourent à un langage spécial pour communiquer et utilisent d’anciens modèles de téléphones portables qui ne disposent pas de l’option de géolocalisation. Ils quittent les camps et les cachettes lorsqu’ils veulent téléphoner, a-t-elle indique , ajoutant que ces mêmes appareils sont souvent utilisés pour fabriquer les bombes et les mines.

Les terroristes disposent par ailleurs, de matériel informatique et d’engins spéciaux  pour recharger leurs téléphones portables.

La repentie a indiqué que ceux qui sont retranchés dans les montagnes sont en contact avec les autres qui sont sur le terrain, dans les quartiers et dans les  villes, précisant qu’ils ont des signes secrets de reconnaissance.

La jeune fille a rapporté que les terroristes se rasent la barbe, portent des vêtements de clochards, s’expriment dans un langage populaire de voyou pour échapper  à la vigilance des forces de sécurité et éloigner tous soupçons sur leurs véritables activités.

Elle a indiqué, par ailleurs,  que les terroristes reçoivent dans leurs cachettes sur les montagne, les procès-verbaux que leur font parvenir leurs avocats, d’une manière qu’on ne lui a pas révélée.

Menaces après des fuites sur son identité

Toutes ces révélations lui ont valu d’être acquittée par la justice étant donné qu’elle a collaboré et n’a jamais perpétré ni participé à un acte terroriste.

Cela lui a valu une aidé financière de la part du ministère de l’Intérieur avant d’être interrompue après le limogeage du secrétaire d’Etat à la sécurité Rafik Chelly en décembre 2015, suite à l’attentat contre le bus de la garde présidentielle sur l’avenue Mohamed V à Tunis.

La dissidente s’est plaint qu’on ait dévoilé son identité, ce qui lui a valu des menaces de la part des groupes terrorises ainsi qu’à sa mère, avec laquelle elle vit à Tunis après avoir fui leur ville d’origine à l’intérieur du pays.

On l’a accusée d’entretenir des relations intimes avec un député, a-t-elle déploré, affirmant qu’elle et sa mère l’ont contactées juste pour avoir de l’aide car elles étaient en difficultés.

Intervenant lors de l’émission de Hamza Belloumi sur El Hiwar Ettounsi, la mère de la jeune file est revenue sur la période où on a embrigadé sa fille déplorant que la jeune élève de l’époque s’absentait régulièrement du collège  sans que l’administration de son établissement ne l’en informe.

Le plus grave, pour cette mère est qu’on donnait à sa fille des billets d’entrée en classe sans qu’elle sache comment l’élève d’alors a pu les obtenir.

C’est dire que tous les secteurs de l’administration dans le pays sont infestés et infiltrés par des personnes épousant la cause des djihadistes et par d’autres qui sont prêtes, contre une modique somme d’agent, à fermer les yeux. Une attitude de nature à perpétuer la présence d’éléments terroristes qui ne jurent que par la perte du pays.

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