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La Médina au cœur d’INTERFERENCE : Un spectacle pour les tous sens

joeressenkessner.-LICHTUNGEN-Hildesheim-2015.-Photo-Sara-Foerster.

Le projet

Il s’agit de la première édition du Festival de Lumières non seulement au niveau de la Tunisie mais au niveau de tout le continent africain. Plus connu et promu sous le nom d’Interférence, en référence à son aspect à la fois visuel et sonore, il est considéré par ses créateurs comme étant plutôt l’édition zéro d’un projet communautaire qui a eu lieu grâce à un travail collectif basé sur le bénévolat et l’amour de l’art. C’est la Médina avec son charme historique, ses ruelles authentiques et son aura chaleureuse qui a accueilli cette manifestation artistique durant 4 jours du 1er au 4 septembre, dans une ambiance joviale teintée de surréalisme.

Organisation et budget

L’expression « édition zéro » prend tout son sens quand on sait qu’Interférence est un projet qui a été fondé sur l’idée du partage, de la solidarité et du dévouement avec zéro de moyens financiers. Les artistes tunisiens et internationaux n’avait aucun budget, n’étaient pas sponsorisés et n’avaient que leur foi profonde dans l’art et leur savoir-faire. Cependant, ils ont pu compter sur l’aide inestimable de jeunes bénévoles et la générosité des habitants. Ces derniers ont contribué de par différentes manières contribuant à faire les installations nécessaires, en jouant les guides pour les visiteurs et en facilitant l’accès aux artistes à des coins difficiles de la Médina. En effet, les habitants n’ont pas hésité à ouvrir leurs portes, offrir de l’électricité gratuite et même héberger certains des organisateurs. L’organisation fût une réussite totale, les cartes détaillées et les guides ont permis une visite exhaustive et agréable à la foule composite, pour s’introduire pleinement dans le monde magique des lumières.

Artistes et visée du projet

Artistes tunisiens et internationaux d’univers et approches artistiques variés, chacun a œuvré à transformer son territoire choisi (Dar Lahjar, Dar Lassram…)  pour exposer sa propre vision. Ces artistes de renommée venus de l’Allemagne, de la France, de la Suisse, de la Pologne et des USA, comme Matilde Frank, Kurt Laurenz, Vicky Dasilva Maria Elena Schmidt et Bettina Pelz la directrice artistique en plus des artistes tunisiens dont le talentueux Aymen Gharbi, Houda Gorbel et Walid Mhiri qui ont collaboré en duo ont fait leurs installations laser, Mapping et sculptures de lumière, métamorphoser l’espace d’habitude sombre et presque lugubre de la Médina au tombée de la nuit  et profiter du cadre historiques et ses caractéristiques, les particularités abstraites de l’art islamique mural pour conférer à tous ces éléments une touche universelle. A titre d’exemple Xenorama a joué sur le décor de Dar Cherif dans un tableau qui a été vivement apprécié.

Réception et critiques

L’entrée gratuite dans cet univers de lumière tout en bénéficiant d’une organisation solide était le point fort du festival. L’avis des visiteurs était unanime sur cette question. On loue de même l’effort de tous les participants et leur volonté à infuser un souffle nouveau aux lieux et par extension au tourisme culturel. Néanmoins, certains visiteurs habitués à des manifestations artistiques ont reproché à certaines œuvres leur aspect redondant tout en ayant été séduits par d’autres. L’esprit d’Interférence à la fois communautaire et individualiste, a pu finalement conquérir les cœurs en éveillant les sens étant une initiative jeune, libre et créative destiné à un public non spécialisé.

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