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Tunisie – FMI : Ce qui nous attend est encore pire que ce que nous vivons !

La Tunisie vit un état de malaise profond. Jamais le pays n’est tombé aussi bas, ni n’a été humilié de telle manière. Ça nous rappelle l’image du mendient qui demande l’aumône à une riche dame, et que celle-ci se permet de lui faire la morale, et de l’apostropher pour le fait qu’il veuille pas travailler et qu’il ne tente rien pour remédier à sa situation, et qu’il devrait regarder ses semblables qui travaillent et préservent leur dignité, et qu’il n’aurait pas dû se laisser endetter, et qu’il n’avait qu’à pas se marier et avoir des enfants, dans son état, et tout le reste… pour, enfin, lui jeter quelques menues pièces de monnaie. Et encore, après tout ce sermon, elle lui jette beaucoup moins que ce qu’il n’espérait, ou demandait, pour faire à dîner à ses enfants, ne serait-ce qu’un soir.

Et pourtant, « on » veut nous faire passer cette « humiliation » pour un exploit, remporté par les illustrissimes ministres de notre grandiose gouvernement de soi-disant union nationale. On nous parle de déblocage de fonds, on nous parle, aussi, d’un investissement colossal de nos bienfaiteurs du Qatar. On nous prédit une cascade d’investissements, et que les bailleurs de fonds vont, désormais, se bousculer sur notre perron…

Mais au fait, il ne s’agit que d’un accord « technique » concédé par les représentants du FMI, pour le déblocage d’une seule tranche du crédit, alors que nous en attendions deux. Et ils ont oublié de nous dire ce que, eux, ils ont concédé au FMI pour qu’ils daignent nous jeter ces quelques pièces. Ils ont oublié de nous énumérer l’interminable liste de conditions émises parle FMI. Une liste si humiliante, que Youssef Chahed, voulant préserver son image de marque, a refusé de nous énumérer, et a chargé sa ministre des finances de faire le sale boulot à sa place, et de nous distiller une à une ces décisions qui saignent. Lui, il veut toujours, continuer à sourire aux objectifs des caméras en nous serinant ses éternels « tout va bien », « ce n’est pas notre faute, mais celle des autres gouvernements », « nous demandons à l’opposition de nous fournir des solutions »… reniant son rôle et en jetant la responsabilité sur le dos des autres.

Ils ont, d’ailleurs, oublié, aussi, de nous dire que le fameux crédit obtenu chez notre « frère » du Qatar n’est autre qu’un crédit pour en racheter un autre, qu’on était dans l’impossibilité de rembourser. Histoire d’approfondir et d’élargir, encore un peu plus, la plaie grande ouverte.

Ils doivent, pourtant, savoir que ces « mises en scènes » ne peuvent plus marcher. Et que si le peuple ne réagit pas à leurs mensonges, c’est, tout bonnement, parce qu’il sombre dans une dépression sévère qui le paralyse et l’inhibe. Le peuple ne voit plus d’horizon possible ni d’issue de secours. Et le vrai risque est, qu’en désespoir de cause, il ne s’en aménage, une, de sortie de secours, tout seul.

Car si on en est dans cet état au bout de la deuxième tranche du crédit assassin du FMI, qu’en sera-t-il de nous, quand on postulera pour les six autres tranches restantes. Que va-t-on, encore, nous demander, et exiger comme « sacrifices ».

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