Politique

Tunisie – Document de Carthage II : Un exemple du consensus à la façon d’Ennahdha

Si ce qui est en train de se passer autour de la réunion des signataires du document de Carthage II, devait servir à quelque chose, çà sera bien de montrer à tout le monde la conception particulière qu’a Ennahdha du consensus et sa manière hallucinante de mener des négociations.

En effet, de coup de théâtre en coup de théâtre, les islamistes d’Ennahdha, entourés de leurs satellites de petites formations qui se prétendent politiques, avides d’une minable portion de pouvoir, ont su mener la danse et maintenir le suspense au-delà des temps impartis, notamment en rapport avec leur supposé soutien de Youssef Chahed et son maintien à la tête du nouveau gouvernement.

Un jour, ils sont d’accord avec les décisions consensuelles des signataires du document… Le lendemain, ils se rappellent leur fidélité au principe de stabilité et de continuité des instances de l’Etat. Le surlendemain, ils se ravisent et se rangent à nouveau du côté de leurs « alliés »… Pour, finalement, se rétracter à la dernière minute et s’acharner à soutenir le gouvernement que les autres veulent « limoger ». Un comportement digne des esprits les plus machiavéliques jamais rencontrés en politique, si on peut nommer çà politique. Un comportement, qui a même déstabilisé, en plus de leurs concitoyens, les plus fins politiciens des grandes puissances mondiales, qui ne savent plus sur quel pied danser avec eux, ni s’ils vont pouvoir leur faire confiance, pour la suite de leur macabre scénario de « printemps arabe ».

Une seule chose est sûre, avec eux : le fond de leur pensée est obscur impossible à deviner, du fait qu’il dépend de beaucoup de paramètres, qui dépassent les frontières du pays, puisqu’ils raisonnent en « Umma » et non en Nation.

Par ailleurs, celui qui croit un moment tenir le bon bout avec eux, ne peut aller que vers d’amères désillusions, car rien ni personne n’a de valeur à leur yeux, si ce n’est, en termes de valeur marchande. En d’autres termes, s’ils donnent l’impression de tenir à quelqu’un ou quelque chose, c’est tout simplement, qu’il représente, à leurs yeux une monnaie d’échange de valeur, qui va leur permettre de négocier d’autres choses, qui ont plus de valeur dans leur projet.

Ainsi, et pour revenir aux coups de théâtre concernant le document de Carthage II, ceux qui croient qu’ils tiennent vraiment à Youssef Chahed doivent se détromper. Car il ne leur servira qu’à faire monter, encore plus haut, des enchères qu’ils vont mener pour engager des négociations qu’ils sont en train de préparer, notamment, en rapport avec les présidences des Conseils municipaux où ils sont en ballottage avec d’autres formations, ou en rapport avec les portefeuilles du futur gouvernement.

C’est ce qu’on appelle, la conception du consensus, à la façon Ennahdha, ou quand consensus rime avec bras de fer et surenchères.

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